Cars Macron : les chauffeurs de la compagnie Megabus manifestent à Paris

24 Novembre, 2016, 08:43 | Auteur: Ludovic Moineau
  • Des passagers embarquent à bord d'un autocar Megabus le 10 septembre 2015 à Toulouse

Les chauffeurs de Megabus rendent responsables de leurs maux la loi Macron, grâce à laquelle les patrons ont pu faire "ce qu'ils voulaient". En 2015, la plupart des 175 salariés de Megabus avaient été débauchés de leurs sociétés d'autocaristes avec la promesse d'une rémunération plus avantageuse. "Ils nous ont promis une évolution de carrière, un emploi stable, rien de tout ça n'est arrivé, explique Natacha Pinson, syndicaliste".

Les chauffeurs de Megabus se sont mobilisés vendredi 18 novembre à Paris pour protester contre un plan social qui ne compenserait pas les préjudices subies par les employés de la compagnie française. Vendredi à 6h00, seuls trois autocars avaient réussi à sortir du dépôt de bus, quai de Bercy, pour rouler sur le périphérique. Une rencontre est prévue à Bercy en fin de matinée entre les chauffeurs et les représentants des ministères du Travail, des Transports et de l'Économie. "On a tous quitté des CDI, certains ont déménagé, acheté des maisons à crédit, pour aujourd'hui nous dire "Merci, au revoir" ", raconte Rachid Tamar, un des conducteurs, venu de Lyon.

L'été dernier après la libéralisation du marché, l'entreprise allemande Flixbus achetait pour 26 millions de livres sterling l'autocariste français, filiale son concurrent anglais Stagecoach.

La compagnie, qui compte 34 autocars et 175 salariés, cessera prochainement ses activités, privée de son unique contrat de prestation avec l'allemand Flixbus.

Le groupe allemand " a racheté notre activité sans reprendre les salariés (en violation de la loi) ", accuse l'intersyndicale. La raison? Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) proposé par la direction de l'entreprise.

Quinze mois après son ouverture, le marché du transport de passagers par autocars enregistre un net succès commercial, mais la guerre des prix a précipité la concentration du secteur et les créations d'emplois restent limitées (1.350 selon l'Arafer, le régulateur du rail et de la route).

Recommande: