Syrie : pilonné par Damas, l'est d'Alep au bord de l'effondrement

26 Novembre, 2016, 07:38 | Auteur: Stephane Girardot
  • Un blessé reçoit des soins en urgence dans un hôpital d'Alep après des bombardements intenses du régime le 18 novembre 2016 en Syrie

"D'ici Noël, en raison de l'intensification des opérations militaires, on verra un écroulement (.) de ce qui reste à Alep-Est", a-t-il mis en garde après avoir rencontré le chef de la diplomatie syrienne, "et vous pourriez avoir 200 000 personnes fuyant vers la Turquie". L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, doit rencontrer dimanche à Damas le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, a annoncé le quotidien al-Watan, proche du pouvoir. "Sa visite durera une journée et il rencontrera M. Mouallem et d'autres responsables gouvernementaux de haut niveau", a indiqué le journal.

Mais la communauté internationale exprime de plus en plus son impuissance à peser sur le cours de la guerre, à l'instar du président américain Barack Obama, qui s'est dit dimanche " peu optimiste " sur l'avenir immédiat du pays.

Vendredi, un bombardement sur le quartier de Maadi a mis hors service un des derniers hôpitaux d'Alep-Est après l'avoir détruit partiellement.

Les agences de l'ONU ne sont plus en mesure d'entrer dans cette zone depuis juillet lorsque les troupes de Damas ont pris le contrôle de la dernière voie d'approvisionnement des quartiers rebelles, les privant de nourriture et de médicaments.

Damas et Moscou semblent néanmoins déterminés à reprendre, quel qu'en soit le prix, la partie Est d'Alep qui, depuis 2012, échappe au régime de Bachar al-Assad.

Un centre des célèbres Casques blancs, ces secouristes en zone rebelle dont les représentants ont été reçu à l'Assemblée nationale, a été complètement dévasté dans le quartier de Bab al-Nayrab et ses véhicules complètement détruits.

"Il s'agit de la plus importante percée du régime dans les quartiers rebelles à ce jour", a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

M.de Mistura "a parlé d'une administration autonome" à Alep-Est, a indiqué M. Mouallem lors d'une conférence de presse.

Outre les bombardements, auxquels ne participe pas actuellement la Russie, de violents combats se déroulent au sol. Selon des analystes, Damas et ses alliés veulent aller vite avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier. "Il est clair que la Russie, Damas et Téhéran veulent reprendre l'est d'Alep rapidement". Plus aucun des hôpitaux qui se trouvent dans la partie est de la ville n'est en état de fonctionner, alerte l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lundi 21 novembre, dans un communiqué.

Autrefois capitale économique du pays, Alep a été ravagée par la guerre, qui a fait plus de 300.000 morts depuis son début en mars 2011.

Des civils vivant dans la partie ouest d'Alep, sous contrôle du régime, sont également la cible d'attaques meurtrières des rebelles, mais l'aide humanitaire continue d'arriver dans ces quartiers.

Des bombardements d'une violence inouïe menés par le régime syrien pour le cinquième jour consécutif ont eu de nouvelles conséquences dramatiques samedi: au 27 civils ont perdu la vie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, et de nombreuses infrastructures sont inutilisables.

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