La Turquie ne tentait pas d'influencer les élections néerlandaises (Rutte)

13 Mars, 2017, 21:25 | Auteur: Timothe Dupuy
  • Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu lors d'une conférence de presse à Berlin le 8 mars 2017

La crise est sérieuse et sans précédent. Deux éléments fondamentaux nous éclairent. Ankara dénonce des "vestiges du nazisme", et La Haye parle de "décisions irresponsables".

Face à ces pratiques répressives, l'Europe n'a pas ménagé ses critiques contre le régime d'Erdogan, et celui-ci les rejetait avec d'autant plus de virulence que l'Europe, il est vrai, a gardé un silence lourd de signification pendant les longues heures d'incertitude le 15 juillet 2016, jour de la tentative du coup d'état. Le peuple turc est invité à donner son avis sur une profonde réforme constitutionnelle proposée par Erdogan et le parti islamiste AKP. Selon la nouvelle Constitution, le président aura également le pouvoir de nommer ou limoger les ministres. "Nous allons imposer de lourdes sanctions aux Pays-Bas" si cette visite est empêchée, avait-il ajouté.

"L'Allemagne rejette totalement toutes les comparaisons avec les nationaux-socialistes effectuées par le président turc", a déclaré Angela Merkel à un groupe de chefs d'entreprises en rappelant qu'elle avait déjà condamné les parallèles avec la période nazie dans un discours la semaine dernière au Bundestag. D'autres pays européens dont l'Allemagne, la Suisse, la Suède, et l'Autriche ont annulé des réunions politiques du même type. "Nous le répétons une fois de plus: les excuses des Pays-Bas ne suffiront pas", a affirmé le ministre en arrivant à la salle de conférence.

La police néerlandaise a recours à des camions auto-pompes pour disperser les manifestants pro-turcs réunis devant le consulat turc à Rotterdam dans la nuit de samedi à dimanche aux Pays-Bas.

La ministre turque de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, arrivée à Rotterdam pour assister à une réunion, a été expulsée, sous escorte, vers l'Allemagne.

A la volonté exprimée dimanche par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte de favoriser "une désescalade", M. Erdogan a opposé une fin de non recevoir. "Mais ces rassemblements ne doivent pas contribuer à des tensions dans notre société et quiconque veut organiser un rassemblement est obligé de suivre les instructions des autorités afin que l'ordre public et la sécurité soient garantis", a-t-il cependant souligné.

Lors d'un déplacement à Stockholm, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a qualifié d'"inacceptables" les déclarations des autorités turques sur le "fascisme" et le "nazisme".

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a pris le risque ce week-end d'une confrontation diplomatique inédite entre son pays et la Turquie. Le parti du député anti-islam Geert Wilders est donné en deuxième place par les derniers sondages.

Comme dit l'adage, à quelque chose malheur est bon.

Le vote des émigrés turcs dans ce scrutin pourrait bien être décisif.

L'Union des démocrates turcs européens (UETD) n'organisera pas de grand rassemblement dans le cadre du référendum turc au Flanders Expo de Gand, a indiqué dimanche son président Basir Hamarat. "C'est juste une question de liberté", estime Sule, électrice fidèle de Recep Tayyip Erdogan.

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