Erdogan accuse les Pays-Bas "d'entretenir les vestiges du nazisme" — Turquie

15 Mars, 2017, 12:40 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Pays-Bas: la ministre turque explusé

Depuis que le ministre des Affaires étrangères a été empêché de participer à un meeting pro-Erdogan aux Pays-Bas en vue d'un référendum en Turquie, les incidents diplomatiques se succèdent.

Environ 800 personnes issues de la communauté turque de l'Est de la France étaient rassemblées dimanche à la mi-journée à Metz, avant le début du meeting du chef de la diplomatie turque invité par l'Union des démocrates turcs européens section Lorraine (UETD).

Maintenant la pression au risque de détériorer encore plus des relations déjà tendues avec plusieurs pays européens, M. Erdogan a estimé qu'un "oui" au référendum du 16 avril sur le renforcement de ses pouvoirs serait la meilleure réponse aux "ennemis" de la Turquie. Le chef de la diplomatie Mevlüt Cavusoglu est actuellement dans l'est de la France, à Metz, pour un meeting dans le cadre de cette campagne.

"Nous connaissons les Pays-Bas et les Néerlandais par le massacre de Srebrenica".

"Nous connaissons les Pays-Bas et les Néerlandais par le massacre de Srebrenica. Nous savons à quel point leur caractère et leur nature ont été entamés par les 8 000 Bosniens qui ont été massacrés". "Leur histoire est sombre, mais la nôtre est propre".

Ces incidents ont provoqué une violente crise diplomatique entre la Turquie et les Pays-Bas, Ankara dénonçant une "république bananière" aux relents de nazisme.

Plus tôt lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé les Pays-Bas de sanctions diplomatiques, annonçant que la Turquie allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sur ce différend.

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"Il a été décidé que jusqu'à ce que les conditions que nous avons posées soient remplies, l'ambassadeur néerlandais ne sera pas autorisé à revenir."
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La Haye est un partenaire commercial et un investisseur clé pour la Turquie.

Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière s'est de son côté dit opposé à la venue en Allemagne de ministres turcs pour des meetings. La ministre, qui voulait faire campagne pour le "oui" au référendum constitutionnel du 16 avril, a par la suite été déclarée indésirable sur le sol néerlandais et reconduite à la frontière avec l'Allemagne.

Le président turc s'est emporté contre ces décisions, parlant à plusieurs reprises de pratiques "nazies" ou "fascistes".

Face à la crise, la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a jugé "essentiel d'éviter une nouvelle escalade et de trouver les moyens de calmer la situation".

Le discours, qui frise le mépris du président turc envers les Pays-Bas, a fait peu réagir les États membres de l'Union européenne, dont l'esprit de solidarité a fortement été entamé par la gestion de la crise migratoire de 2016.

Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l'Allemagne, que la Turquie accuse de longue date de donner refuge à des militants de la cause kurde et à des suspects recherchés pour le coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier, "offrait de manière cruelle un soutien au terrorisme".

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