Pays-Bas / Turquie : tensions à propos d'un référendum

15 Mars, 2017, 17:12 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Les Pays Bas ont refusé samedi à l'avion du ministre turc des Affaires étrangères l'autorisation d'atterrir à Rotterdam nouvel exemple en date des tensions diplomatiques créées par la campagne référendaire que les responsables du pouvoir

Lors de deux allocutions au vitriol, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé un comportement rappelant selon lui "le nazisme et le fascisme" après l'expulsion samedi par les Pays-Bas de la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya et leur refus d'autoriser une visite de son chef de la diplomatie Mevlut Cavusoglu. En dehors de l'Allemagne et du Danemark, les autres États membres ont affiché un profil bas. Il a fallu attendre hier après-midi pour entendre Bruxelles réagir, mais de manière assez timide, face aux déclarations du leader islamiste turc. "Les questions préoccupantes ne peuvent être résolues que par des canaux de communication ouverts et directs", ont ajouté Mme Mogherini et M. Hahn.

La responsable de la diplomatie européenne Federica Mogherini a jugé "essentiel d'éviter une nouvelle escalade et de trouver les moyens de calmer la situation".

Ces propos, condamnés par la communauté internationale, ont conduit les Pays-Bas à interdire à leur tour certains rassemblements.

Rien ne va plus entre la Turquie et les Pays-Bas.

Il doit participer dimanche à un rassemblement prévu à 13h00 (12h00 GMT) au centre des congrès de Metz Métropole dans le cadre de la campagne menée par Ankara pour convaincre les Turcs de l'étranger de voter en faveur de la réforme constitutionnelle qui prévoit de renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

Alors que le Premier ministre néerlandais Mark Rutte avait d'abord souhaité "une désescalade", M. Erdogan lui a opposé une fin de non-recevoir.

Mais à la lumière de la crise actuelle, un ministre turc a évoqué lundi un " réexamen " du pacte sur la lutte contre l'immigration conclu il y a un an avec l'Europe.

La Suisse avait également autorisé la venue de M. Cavusoglu. Au terme d'une campagne où l'islam a été un thème majeur, des élections législatives se tiendront mercredi aux Pays-Bas où le parti du député anti-islam Geert Wilders est donné en deuxième place par les derniers sondages.

La présence d'hommes politiques turcs à de tels rassemblements a donné lieu ces dernières semaines à des passes d'armes entre Ankara et plusieurs capitales européennes, alors qu'elle ne suscitait pas de remous lors de précédentes échéances électorales turques. La réunion était organisée par la branche lorraine de l'Union des démocrates turcs européens (UETD), qui tient ces meetings électoraux pour le parti AKP du président Erdogan, en vue du référendum constitutionnel prévu prochainement par Ankara.

Le bras de fer avec la Turquie concerne principalement l'Allemagne et les Pays-Bas, qui ont empêché plusieurs ministres turcs de faire campagne sur leur sol pour le oui au référendum du 16 avril.

Les autorités turques ont fait fermer dans la soirée de samedi l'ambassade à Ankara et le consulat des Pays-Bas à Istanbul devant lesquelles des centaines de manifestants se sont également réunis.

Dans son communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères accuse l'Union européenne de pratiquer les valeurs de la démocratie et les libertés publiques et droits fondamentaux de façon sélective. "Il n'y en a pas", a déclaré à Reuters le secrétaire général de la préfecture de Moselle, Alain Carton.

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