Turquie. Erdogan promet de "nouvelles mesures" contre les Pays-Bas

15 Mars, 2017, 09:18 | Auteur: Gabriel Abbadie
  • Un manifestant tenant un portrait de Recep Tayyip Erdogan devant le consulat turc à Rotterdam

Malgré la crise diplomatique qui couve entre la Turquie et l'Union européenne, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu tient un meeting ce dimanche 12 mars à Metz. La campagne actuelle vise à promouvoir une révision constitutionnelle qui renforcera les pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan.

La crise a été déclenchée par le refus des Pays-Bas d'autoriser samedi une visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, suivi de l'expulsion de la ministre de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya. Ce dernier a qualifié les Pays-Bas de "vestiges du nazisme" en réaction.

" Vous n'avez pas encore payé le prix pour parler d'une réparation de vos relations avec la Turquie", a tonné Recep Tayyip Erdogan en s'exprimant devant des milliers de ses partisans à Kocaeli, dans le nord-ouest du pays".

L'UE a appelé Ankara à "s'abstenir de toute déclaration excessive et d'actions qui risqueraient d'exacerber encore la situation" après que le président Erdogan eut promis la veille de "faire payer le prix" aux Pays-Bas pour ce traitement, rappelant selon lui "le nazisme et le fascisme". Les Pays-Bas ont aussi expulsé la ministre de la Famille turque, en visite à Rotterdam.

"Si vous lâchez des chevaux, des chiens sur mes concitoyens, alors vous devez rendre des comptes", a prévenu M. Erdogan, faisant référence aux brigades canines utilisées par la police néerlandaise, en plus des canons à eau et des policiers à cheval.

"Ce sont des citoyens néerlandais", a insisté Mark Rutte, "les Pays-Bas sont un pays fier". "Il est hors de question que des excuses soient faites, ce sont eux qui devraient faire des excuses pour ce qu'ils ont fait hier", a déclaré M. Rutte dimanche après-midi à l'AFP. "Elle n'y participe pas", a-t-il ajouté.

Cette crise intervient avant les élections législatives prévues mercredi aux Pays-Bas, où le parti du député anti-islam Geert Wilders est donné en deuxième place par les derniers sondages.

"En tant que ministre détentrice d'un passeport diplomatique, je n'ai pas besoin d'autorisation pour venir rencontrer mes concitoyens à notre consulat, qui est considéré comme territoire turc", a-t-elle ajouté, soulignant: "Nous n'avons aucune intention d'interférer dans les affaires intérieures des Pays-Bas".

Dimanche, le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a "proposé" à son homologue turc Binali Yildirim de reporter une visite au Danemark prévue fin mars en raison de "l'escalade" entre Ankara et les Pays-Bas.

Une campagne [électorale] turque n'a rien à faire ici, en Allemagne.

La même situation a provoqué des réactions similaires en Autriche et en Allemagne - alors que la France a permis ces rassemblements - au cours des dernières semaines. "Mais il y a des limites, des limites bien définies, dans le code pénal, par exemple", a-t-il dit. "Celui qui insulte et fustige l'Allemagne ou son ordre constitutionnel en toute mauvaise foi enfreint la loi. Et là se trouve la limite". Après plusieurs heures de négociations, il s'était révélé "impossible de trouver une solution", a-t-il dit.

Après avoir agité pendant trois jours la menace de "sanctions" contre La Haye, les autorités turques sont passées à l'acte lundi soir en annonçant une série de mesures.

Mais l'affaire s'est invitée dans la campagne présidentielle française, à six semaines du premier tour.

En France, les rassemblements politiques turcs ont d'ailleurs été récupérés politiquement par les candidats de la droite, François Fillon, et de l'extrême droite, Marine Le Pen.

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