Elections aux Pays-Bas où une percée nationaliste est attendue

16 Mars, 2017, 10:15 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Geert Wilders

Au cours de la campagne, cet élégant quinquagénaire a tenté de s'imposer comme la seule alternative sérieuse face au député Wilders, restant au-dessus de la mêlée pour entretenir son image de dirigeant. Sous-entendu pour gagner en France.

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, tous les yeux étaient braqués sur la formation de Geert Wilders, dont le score était attendu comme un baromètre de la montée du populisme en Europe: le Premier ministre libéral néerlandais Mark Rutte, qui a battu facilement son rival d'extrême droite mercredi aux législatives a salué une victoire contre ce qu'il appelle "le populisme de mauvais aloi".

Mais le parti libéral de l'actuel Premier ministre, Mark Rutte, conserve 31 sièges (contre 41) et est donc en mesure de former le futur gouvernement, vraisemblablement avec les petits partis de centre droit europhiles (D66 et chrétien démocrate), eux-aussi en nette progression et, peut être, avec les Verts qui renforcent considérablement leur présence grâce à son très charismatique leader Jesse Klaver, jeune homme de 30 ans surnommé le Justin Trudeau des Pays.

Le système électoral néerlandais à la proportionnelle presque intégrale oblige à créer des coalitions et dans un paysage aussi fragmenté la formation du prochain gouvernement pourrait prendre des mois. Cependant, deux partis s'imposent clairement en tête des sondages depuis plusieurs mois. Les extrapolations d'un pays à l'autre sont donc sujettes à caution. "Le premier succès est acquis!", a tweeté le député controversé. Ici, c'est Geert Wilders qui l'incarne. La conjoncture pouvait pourtant lui paraitre favorable.

Des citoyens turcs manifestent le12 Mars 2017 à Rotterdam contre l'expulsion de deux ministres turcs par les Pays-Bas. "Mais le PVV s'est significativement radicalisé depuis, et Mark Rutte a clairement refusé le principe même d'une négociation avec le parti de Wilders et de gouverner avec lui".

Durant la campagne, Mark Rutte a d'ailleurs plutôt durci le ton en matière d'immigration et réaffirmé ses valeurs conservatrices pour éviter que ses électeurs ne se tournent vers Geert Wilders, qui aura donc imposé son agenda. "Je ne veux pas vivre dans un monde où la droite populiste l'emporte et j'ai donc voté contre" lui, explique-t-elle. L'ombre du candidat du PVV Geert Wilders plane sur l'élection.

Enfin, troisième enseignement, "l'émergence d'une nouvelle Europe" que la présidente du Front national avait cru constatée lors de la rencontre, fin janvier à Coblence en Allemagne, des dirigeants des partis appartenant au groupe Europe des nations et des libertés au Parlement européen, n'a pas été confirmée par les électeurs néerlandais. Pour éviter toute tentative de piratage, les Pays-Bas sont revenus à un vote manuel.

"Je ne crois pas à une vague irrésistible (de Marine Le Pen) parce qu'on va résister à Mme Le Pen et ça c'est une affaire de volonté politique", a-t-il ajouté.

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