Les Néerlandais votent ce mercredi

16 Mars, 2017, 09:05 | Auteur: Ludovic Moineau
  • Pays-Bas : l’inquiétant Geert Wilders

(Actualisé avec Elysée) AMSTERDAM, 16 mars (Reuters) - L'Elysée a félicité le Premier ministre néerlandais Mark Rutte "pour sa nette victoire contre l'extrémisme" lors des élections législatives de mercredi aux Pays-Bas. Les dernières estimations créditent les libéraux de 31 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement, et attribuaient 19 sièges aux chrétiens-démocrates du CDA, aux progressistes de D66, et au PVV de Geert Wilders, avec lequel les principales formations ont d'ores et déjà exclu de gouverner. Ils sont appelés à choisir une liste de candidats présentée par l'un des 28 partis en lice. À l'image de Donald Trump, dont ils ont vivement salué l'élection le 8 novembre dernier, les deux leaders d'extrême-droite extrapolent souvent les menaces dont ils sont victimes pour en faire des périls globaux qui touchent le pays tout entier. "Mais, quel que soit le résultat de ce scrutin, le génie ne retournera pas dans sa bouteille et cette révolution patriotique se produira, aujourd'hui ou demain", a-t-il dit après avoir voté dans une école de La Haye. Un électorat de plus en plus divisé signifie que quatre ou plusieurs partis devront probablement former une coalition - ce processus pourrait durer des mois. Une tension persistante alors que le Premier ministre Mark Rutte a assuré avoir fait de son mieux pour un retour à la normale.

Même si le PVV sortait des urnes comme la plus grande formation du pays, ce qui est peu probable aux yeux des experts, Geert Wilders ne devrait pas figurer au gouvernement. Ce charismatique leader issu de l'immigration rêve d'unir la gauche, pari inédit aux Pays-Bas. C'est donc bien l'inquiétude identitaire qui joue le premier rôle dans la montée de Geert Wilders.

De quoi booster la campagne de Marine Le Pen?

Sybrand Buma a déclaré à Reuters que la campagne qui s'achève avait été présentée comme un duel entre Rutte et Wilders. Et un fossé qui pourrait se creuser avec la construction européenne.

"Si ce scénario se réalisait, ce virage remettrait en jeu toute la dynamique et les rapports de force politiques européens puisque le pouvoir alors en place en France ne soutiendrait plus l'intégration politique européenne". Même tignasse brune, même visage juvénile, même look décontracté. Le score de son Parti pour la Liberté (PVV) est considéré comme un test avant des élections en France puis en Allemagne. "Elle s'explique en grande partie par un discours populiste qui s'est ancré dans le paysage politique, sans vraiment trouver de résistance argumentée mettant en avant les réalisations concrètes de l'UE, conclut Isabelle Maras. Dans un monde devenu très complexe, ou les dynamiques et rhétoriques sont volatiles et changeantes, un discours simpliste et radical marque davantage les esprits, et permet de donner, à tort, des clés d'explication qui rassurent et clivent à la fois".

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