Manuel Valls ne parrainera pas Benoît Hamon

16 Mars, 2017, 09:22 | Auteur: Gregory Millet
  • PHILIPPE WOJAZER  REUTERS

L'ancien Premier ministre Manuel Valls n'apportera pas son parrainage au candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon, selon une information de Paris Match parue mardi. "Nous ne pouvons pas accepter une gauche qui se replie sur elle-même, et parfois dans une forme de sectarisme" a accusé l'ancien Premier ministre.

Après une première réunion peu après sa défaite à la primaire fin janvier, Manuel Valls, en retrait de la campagne, avait à nouveau réuni ses proches fin février. Une vision que nourrissent les défections constatées depuis des semaines au profit du candidat Macron rejoint par plusieurs ténors du PS, tendance socio-libérale et donc proches de Valls. Ni Macron, ni Hamon. Le coucou vallsien aurait des allures de tacle au candidat PS à la présidentielle...

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, ne veut pas parrainer le candidat socialiste. Autant d'informations démenties par l'entourage de Manuel Valls. "Moi, je ne me sens pas trahi, mais sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd'hui trahis".

J'ai donc décidé d'apporter mon soutien à Emmanuel Macron, dont la candidature me paraît être la seule capable de rassembler largement nos concitoyens bien au-delà des clivages partisans, et de me mettre en retrait du Parti Socialiste, dont ma loyauté a été sans faille depuis 22 ans. Ce n'est pas le sujet.

"Ce que je constate, c'est que les progressistes, c'est un rassemblement large comme je l'avais dit et il appartient à chacune et chacun de dire s'il s'y retrouve et s'y reconnaît", a-t-il encore dit.

" Manuel Valls joue en défense". "Bref, ne pas disparaître ", estime Pierre Martin, ingénieur de recherche CNRS et responsable du groupe de recherches " Elections et Partis " dans le cadre de l'unité mixte de recherche du CNRS et de l'université de Grenoble.

Selon lui, "Emmanuel Macron porte un projet qui dépasse le PS, la gauche et la droite". "Manuel Valls jouerait aujourd'hui " sa dernière carte politique ": " Manuel Valls ne peut pas tendre la main à Emmanuel Macron. "Si l'un tend la main, l'autre le dévorera", métaphorise Pierre Martin. "La décision de Manuel Valls de ne pas me parrainer m'a surpris. Un ralliement trop rapide serait contre-productif, et il apparaîtrait comme un traître pour le PS", souligne le chercheur Eddy Fougier. D'abord, les "contradictions " engendrées par l'accord programmatique et électoral conclu entre Benoît Hamon et les écologistes - sur le nucléaire, la dette, etc. Ensuite, la probabilité d'un score élevé du Front national au premier tour: l'ancien premier ministre ne pense pas en effet que Benoît Hamon soit en mesure de contrer l'ascension de Marine Le Pen.

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