Allemagne. Merkel en mission délicate à Washington

18 Mars, 2017, 15:42 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Donald Trump a refusé de rendre publiques ses déclarations d'impôt une pratique observée de longue date par les candidats à la présidence des Etats-Unis

"J'ai redit à la chancelière Merkel mon fort soutien à l'Otan tout comme le besoin pour nos alliés de l'Otan de payer leur juste part pour la défense [de l'alliance]", a déclaré le président américain. Et il s'est félicité d'apprendre que l'Allemagne allait augmenter ses dépenses en matière de défense "jusqu'à atteindre 2% du PIB". Selon un responsable américain, la Maison-Blanche n'a pas encore arrêté sa position définitive sur l'accord de libre-échange transatlantique TTIP, négocié dans la douleur depuis 2013 entre les États-Unis et l'UE, et auquel Barack Obama était très attaché.

Les échanges commerciaux étaient aussi au menu de l'entretien. Angela Merkel, comme d'autres dirigeants de l'Union européenne, n'a pas caché son inquiétude face au protectionnisme affiché par la nouvelle administration américaine. Donald Trump avait déclenché un tollé le 4 mars en accusant sur Twitter l'ex-président Barack Obama d'avoir ordonné la mise sur écoute de ses lignes téléphoniques, sans fournir de détail, ni aucune preuve à l'appui de cette allégation. Elle a également souligné que le "succès des Allemands" sur le plan de l'économie mais aussi sur les questions de sécurité et de paix allait de pair avec "l'intégration européenne".

Donald Trump, de son côté, a tenté de détendre l'atmosphère ces derniers jours. Il a remercié Angela Merkel pour son leadership, le rôle joué par l'Allemagne en Afghanistan et en Ukraine - il a insisté sur la nécessité d'aboutir à une solution pacifique -, et a loué la bonne coopération dans la lutte contre le terrorisme.

Durant toute sa campagne, le président américain n'a pas manqué de critiquer la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière allemande qualifiée de "catastrophique", tout en louant les bienfaits d'un "merveilleux" Brexit [RFI].

" Je la respecte, je l'aime bien, mais je ne la connais pas", déclarait Donald Trump à la mi-janvier. Il est probable que la dirigeante allemande prendra soin de ne pas reproduire une surprenante image qui avait marqué les esprits: celle de la Première ministre britannique Theresa May tenant la main de Donald Trump en marchant sous la célèbre colonnade des jardins de la Maison-Blanche. /Merkel à Trump: Est-ce que tu veux me serrer la main?

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