Le libre-échange au coeur des discussions du G20 Finances

18 Mars, 2017, 18:05 | Auteur: Stephane Girardot
  • Le secrétaire d\'Etat au Trésor américain, Steven Mnuchin lors d\'une conférence de presse à Berlin en vue du G20 de Baden Baden le 16 mars 2017

L'instance internationale a ainsi retiré de sa déclaration finale samedi sa traditionnelle condamnation du protectionnisme économique, et aussi son soutien à l'accord de Paris sur le climat, reflétant les réticences du nouveau gouvernement américain sur ces deux sujets.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, arrivé vendredi matin dans la bucolique station thermale, participe à sa première réunion multilatérale et doit essayer de mettre en musique les orientations de son président, à rebrousse-poil de la doctrine du G20, bâtie sur un axiome libre-échangiste.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping sont convenus jeudi par téléphone de "promouvoir le libre-échange", sur fond de tensions liées au discours protectionniste de Donald Trump, selon un communiqué de la chancellerie.

Chaque mot de ce communiqué est négocié, pesé, et samedi après-midi, toute modification de vocabulaire de la doctrine du G20 sera commentée et perçue comme un "effet Donald Trump".

Les "sherpas", ces assistants de haut-niveau épaulant les ministres, se sont réunis mercredi et jeudi pour déminer au maximum le terrain.

Des délégués ont expliqué que la position des Etats-Unis avait empêché d'aboutir à un consensus sur ces questions, tout comme sur celle de la lutte contre le changement climatique.

"Nous devons tous nous entendre sur le fait que le commerce, conduit de manière équitable, est positif pour l'économie et que le protectionnisme ne peut être la solution", a-t-il ajouté.

"Ils ne veulent pas de texte sur le rejet du protectionisme", comme l'écrivait depuis des années le G20 dans ses communiqués finaux, précise cette source.

"Je crois possible que les Etats-Unis ne soient pas dans la capacité de dire aujourd'hui quelle est leur volonté, au-delà des déclarations simplistes dans le cadre d'un tweet", a déclaré à l'AFP le ministre français des Finances Michel Sapin, peu après son arrivée à Baden-Baden, en référence à l'habitude de Donald Trump d'exprimer sur Twitter des positions politiques tranchées.

"Notre souhait n'est pas d'entrer dans une guerre commerciale, mais de remédier aux déséquilibres existant dans certaines relations commerciales, que nous avons les moyens de résoudre".

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