L'IMAGE. Les cheminots de Saint-Lazare rendent hommage à leur collègue

18 Mars, 2017, 12:26 | Auteur: Remi Laffitte
  • Le cheminot âgé de 42 ans s'est jeté sous un train, a dit Fabio Ambrosio représentant de Sud Rail au comité d'entreprise

L'enquête demandée par le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) devra "déterminer s'il peut exister une relation entre les faits survenus et la relation au travail". Le cheminot de 42 ans était en arrêt-maladie depuis juillet 2016, et depuis l'annulation de la sanction, il était à son tour accusé de harcèlement envers ses collègues.

En 2012, ce responsable opérationnel avait fait condamner la SNCF pour discrimination salariale et harcèlement devant les prud'hommes. Ce jugement avait été confirmé en appel en 2015, et les dommages et intérêts alourdis, mais l'arrêt de la cour d'appel a été annulé par la Cour de cassation en septembre 2016.

Dernière attaque d'une direction inhumaine: un conseil de discipline qui l'avait condamné à un dernier avertissement avant licenciement, avec 12 jours de mise à pied et à un déplacement disciplinaire pour avoir eu " un regard menaçant " envers un directeur d'établissement. C'est le sens de l'enquête interne dont la SNCF a annoncé l'ouverture le lundi 13 mars 2017, soit trois jours après le suicide d'un délégué du personnel du syndicat Sud-rail qui accuse l'entreprise d'être responsable de ce suicide.

Pour Sud-rail, il s'agit "d'accusations fantaisistes" sur la base de "témoignages anonymes et non datés". La SNCF précise que la procédure a été menée "sous couvert de confidentialité" par sa direction de l'éthique. En outre, un délégué FO - syndicat qui a dénoncé une "répression envers les cheminots devenue monnaie courante" - avait également maille à partir avec sa hiérarchie. Le syndicat dénonce un "acharnement de la direction" à l'encontre de son délégué, "victime de la répression syndicale".

Une enquête policière est en cours.

Mercredi matin, l'intersyndicale était réunie devant la gare Saint-Lazare afin de rendre hommage à celui qui s'est, selon SUD-Rail, "jeté sous un train" sur son lieu de travail.

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