Pollution au diesel : Renault a-t-il "trompé" ses clients ?

18 Mars, 2017, 04:20 | Auteur: Ludovic Moineau
  • Polluants Renault soupçonné d'avoir installé

Un procès-verbal rédigé par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a fuité dans la presse. La Répression des fraudes accuse le constructeur d'avoir " utilisé une stratégie ayant pour objectif de fausser les résultats des tests antipollution ". La DGCCRF, qui s'appuie sur le témoignage d'un ancien salarié, y explique que Renault a mis en place des "stratégies frauduleuses " pour franchir les fourches caudines des tests anti-pollution. Trois juges d'instruction sont sur l'affaire.

Or, cette commission, après avoir testé plus de 80 voitures prélevées au hasard sur le parc roulant, relève fin juillet 2016 d'importants dépassements des seuils de pollution sur les véhicules de certaines marques, dont Renault.

Pour Me Frédérik-Karel Canoy, qui recueille des noms pour une demande de recours collectif, "ces faits très graves nécessitent une réponse judiciaire qui, conformément au code pénal prévoit une réparation intégrale pour les parties civiles".

Rappelons que l'organisme soupçonne les modèles Renault d'être dotés d'un " dispositif frauduleux qui modifie spécifiquement le fonctionnement du moyen pour en réduire les émissions de NOx dans les conditions spécifiques du test d'homologation, afin que les émissions respectent les limites réglementaires".

Le numéro deux de Renault, Thierry Bolloré, a démenti de nouveau jeudi que les voitures du groupe aient jamais été équipées de logiciel truqueur, en réaction à la publication d'extraits d'un rapport qui a conduit en janvier à l'ouverture d'une information judiciaire sur le constructeur.

Au total, Volkswagen a accepté de verser 23 milliards de dollars aux Etats-Unis, notamment pour indemniser quelque 600.000 automobilistes et réparer les dégâts causés à l'environnement par ses moteurs diesel.

Ces soupçons rappellent le scandale Volkswagen, qui a reconnu en septembre 2015 avoir équipé onze millions de ses véhicules diesel d'un logiciel truqueur. Le constructeur automobile n'a pour l'heure pas commenté ces révélations. Mais l'amende peut être portée à 750.000 euros et l'emprisonnement à sept ans en cas de circonstance aggravante. Le groupe Renault, c'est aussi depuis 1999 l'Alliance Renault-Nissan qui a aussi donné naissance à une joint-venture en décembre 2012 avec l'entreprise publique Russian Technologies qui regroupera l'ensemble des intérêts détenus par les deux partenaires dans la société AvtoVAZ, propriétaire de la marque Lada.

Début février, le PDG de Renault Carlos Ghosn avait assuré "qu'il n'y a (vait) pas de triche chez Renault, il y a des améliorations à amener en matière d'émissions dans des conditions réelles d'utilisation (que) nous nous sommes engagés à faire". Autrement dit, le constructeur automobile "a trompé les consommateurs sur les contrôles effectués et notamment le contrôle réglementaire de l'homologation sur les émissions de polluants".

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