Renault dément avoir triché sur les émissions de gaz polluants

18 Mars, 2017, 14:07 | Auteur: Stephane Girardot
  • Pollution au diesel : Renault a-t-il

Le document qu'a pu se procurer Libération détaille l'enquête de la DGCCRF: certains moteurs Renault, lorsqu'ils sont testés en conditions d'utilisation normale, ont des émissions largement supérieures à celles enregistrées dans les tests. Le Renault Captur, par exemple, aurait des émissions de Nox 377 % supérieures ce qui, pour les enquêteurs, permet " de soupçonner l'installation d'un dispositif frauduleux ". Et pour cause, dans un rapport accablant, la répression des fraudes accuse la marque au losange de tricher depuis vingt-cinq ans aux tests antipollution. Une technique qui rappelle le scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen.

Selon la DGCCRF, Renault aurait installé sur ses moteurs un dispositif qui permet de diminuer les émissions d'oxyde d'azote au moment où le véhicule subit des tests de pollution.

Pour Bertrand Rakoto, consultant automobile indépendant, le groupe français ne craint pas grand-chose: " les montants éventuels de pénalité n'atteindront pas les niveaux de l'affaire Volkswagen, affirme-t-il. Cette annonce fait suite à la transmission d'un document de 39 pages établi par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) au parquet de Paris.

Le constructeur a démenti toute tricherie, indiquant " qu'aucun de ses services n'a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l'homologation des véhicules ".

Rappelons aussi que Renault est constructeur depuis 1898, Renault conçoit, fabrique et vend des véhicules dans plus de 125 pays (plus de 2,7 millions en 2014), grâce à ses quelques 117.000 collaborateurs répartis sur 37 sites.

Aussi d'après des chiffres donnés par Bercy, ces 900.000 autos représenteraient aux environs de 16.8 milliards de chiffre d'affaires sur la période concernée ce qui n'est pas rien. C'est derrière cette enquête que se protège d'ailleurs Renault qui a fait savoir ce matin par un communiqué de presse qu'il [le groupe Renault] " n'entend pas commenter une instruction en cours, procédure confidentielle par nature et à laquelle l'entreprise n'a, à ce stade, pas accès.

Les investisseurs n'ont pas apprécié ces révélations: le titre Renault a perdu jusqu'à 10% en trois jours à la Bourse de Paris. Renault n'aurait pas l'obligation de retirer les véhicules de la circulation comme Volkswagen a été contraint de le faire aux Etats-Unis.

Des avocats mobilisent déjà des propriétaires de Renault pour en réclamer le remboursement.

Renault risque au maximum une amende égale à 3,59 milliards d'euros.

D'après les sources judiciaires issues du fameuxrapport de la DGCCRF dévoilé hier, les enquêtes ciblent "l'ensemble de la chaîne de direction de la société qui rend compte en dernier ressort à son PDG Carlos Ghosn" est impliquée, elle "retient la responsabilité de la personne morale".

"Cela m'inquiète car quand on connaît les conséquences sur la santé, notamment des particules fines, on voit que plutôt que de résoudre ce problème, on a cherché, y compris le constructeur français, à le cacher", a dénoncé la député EELV. "C'est un drame parce que cela a des conséquences sur la santé, des conséquences qui sont avérées", a-t-elle ajouté.

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