Un pilier de la "Françafrique" aurait payé les costumes de François Fillon

18 Mars, 2017, 20:52 | Auteur: Remi Laffitte
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L'avocat Robert Bourgi a reconnu avoir acheté des costumes, pour un montant de 13.000 euros, à François Fillon, candidat de la droite à l'élection présidentielle. Les policiers se sont rendus à deux reprises dans la boutique de la rue de Sèvres, à Paris, et ont saisi un patron aux dimensions de François Fillon.

Souvent présenté comme un conseiller officieux pour l'Afrique pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il a joué, selon l'ancien secrétaire d'État à la coopération Jean-Marie Bockel, "un rôle déterminant " dans son éviction du gouvernement Fillon en 2008, en se faisant auprès de Nicolas Sarkozy "le porteur de messages des chefs d'État africains qui voulaient se débarrasser " de lui. "Mais probablement pour le compte de quelqu'un d'autre dont le nom poserait sans doute encore plus de problèmes à François Fillon", affirme au Temps un fin connaisseur de ces réseaux.

Le JDD a révélé dimanche 12 qu'un généreux donateur avait offert des costumes de luxe sur mesure à François Fillon en février dernier, pour 13.000 euros.

"Je vous confirme la réalité de ce don effectué en toute légalité", a-t-il dit à Reuters par courrier électronique.

Le rapprochement avec Fillon remonte à l'automne 2013. "Et alors?", déclarait le candidat à la présidentielle dans le journal Les Echos. On demande alors à Bourgi d'œuvrer certes, mais en coulisses: il ne fait pas bon s'afficher avec un homme qui se prévalait en 2011 d'avoir porté des valises pour Jacques Chirac. Cet avocat influent est aussi réputé pour être l'un des piliers de la "françafrique". Il connaît l'Afrique de l'Ouest et est un familier de ses dirigeants, au point qu'il appelait Omar Bongo "papa ". Un homme qu'il surnommait Papa.

"Bourgi était grillé avec Sarkozy, Juppé ne voulait pas entendre parler de lui, il a joué le cheval Fillon. C'était pas mal vu", raconte un ami de trente ans, fâché avec lui. "Ce n'est pas moi, vos sources ne sont pas bonnes", nous jurait-il encore lundi, tout en soulignant qu'"il n'y avait rien de répréhensible dans cette affaire". Vendredi, ouvriers et techniciens étaient en pleine réparation.

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