Un homme abattu après avoir dérobé l'arme d'un soldat à Orly

19 Mars, 2017, 23:16 | Auteur: Gregory Millet

Le père de l'homme qui s'est attaqué samedi à une patrouille de militaires à l'aéroport d'Orly avant d'être abattu a affirmé ce dimanche que son fils, qui ne priait pas mais buvait, n'avait "jamais été un terroriste", au micro d'Europe 1.

Il lance alors: "Posez vos armes, je suis là pour mourir par Allah. De toutes façons il va y avoir des morts", a rapporté le procureur de Paris François Mollins dans la soirée au cours d'une conférence de presse. Il a tenté de la désarmer à trois reprises, puis a réussi à saisir le Famas et à le placer en bandoulière.

"Ils ont ouvert le feu pour la protéger" et "protéger tout le public", soulignera le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, saluant lui aussi les militaires qui viennent d'éviter un possible massacre à Orly. Visait-il dès le début Orly ou y a-t-il abouti en conséquence de sa fuite, dans un processus d'autodestruction "allant crescendo", pour reprendre les mots du procureur?

Une heure et demie avant l'attaque d'Orly, il avait tiré sur des policiers avec un pistolet à grenaille lors d'un contrôle routier au nord de Paris, puis avait volé un autre véhicule avant de se rendre à l'aéroport.

Sur l'assaillant, les enquêteurs ont retrouvé 750 euros, un exemplaire du coran, un paquet de cigarettes et un briquet. Son père et son frère se présentent d'eux-mêmes au commissariat et déclarent qu'il leur a dit "j'ai fait des bêtises, j'ai tiré sur des gens et on m'a tiré dessus". Il avait notamment l'interdiction de quitter le territoire. Une opération de déminage était en cours pour déterminer si l'homme était porteur ou non d'explosif, a précisé à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet.

Son casier judiciaire comporte "neuf mentions" pour des faits de droit commun, dont des vols à main armée et du trafic de stupéfiants. Zyed Ben Begaem prend la fuite, et retourne dans un bar de Vitry-sur-Seine, où il avait passé une partie de la nuit, comme l'avait révélé dans l'après-midi 20 Minutes. L'enquête a été ouverte pour "tentative d'homicide (...) en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour association de malfaiteurs terroriste criminelle". De la cocaïne a notamment été trouvée sur place, ainsi qu'une machette et des devises étrangères.

Près de 3000 personnes ont été évacuées, aucun blessé n'est à déplorer. Selon le PDG d'Aéroports de Paris, Augustin de Romanet, le retour à la normale complet devrait intervenir dimanche matin.

La fermeture des deux terminaux a obligé les autorités aéroportuaires à dérouter plusieurs dizaines de vols et à donner comme consigne aux passagers des avions présents sur le tarmac d'Orly de rester à bord des appareils.

Des cellules de crise ont été mises en place pour accueillir les voyageurs à Orly comme à Roissy-Charles-de-Gaulle.

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