" "Erdogan a " dépassé une limite " — Berlin

20 Mars, 2017, 23:38 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Jean-Claude Juncker et Theresa May en février 2017 à Malte

La semaine dernière, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait directement attaqué Angela Merkel, l'accusant de "pratiques nazies ".

Son porte-parole a également indiqué dimanche que la "Turquiephobie" s'est emparée de l'Europe après l'interdiction de plusieurs pays, dont l'Allemagne et les Pays-Bas, d'accueillir des meetings pro-Erdogan en vue du scrutin de la mi-avril.

"Nous sommes plus éloignés que jamais de l'entrée de la Turquie dans l'UE", a commenté de son côté le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, dans Der Spiegel. Le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert, a affirmé que "les comparaisons au nazisme sont toujours absurdes et déplacées car elles reviennent à minimiser les crimes contre l'humanité du national-socialisme".

"Dans le cas inverse (.) le gouvernement allemand se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris un réexamen des autorisations (de meetings) données dans ce document", a ajouté la chancelière.

Il précise les conditions dans lesquelles des réunions électorales du parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, ont été autorisées sur le sol allemand, où vit la plus grande diaspora turque au monde, et avertit notamment que "la participation des responsables politiques turcs (.) n'est possible que dans le respect des principes" de la Constitution du pays, a-t-elle dit.

En embrassant les organisations terroristes, l'Allemagne monte toute l'Europe contre la Turquie.

Mais la patience de Berlin arrive à ses limites.

Surtout, aux yeux de Berlin, toute surenchère n'aboutirait qu'à faire le jeu du président Erdogan dans la perspective du référendum du 16 avril.

Ce dimanche 19 mars, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en était pris personnellement à la chancelière allemande Angela Merkel en réitérant ses accusations de pratiques dignes du nazisme.

Le gouvernement allemand ne veut pas "réagir de manière asymétrique" car "plus nous répliquons, plus nous alimentons la tactique suivie par ce gouvernement, par ce président", a dit aux journalistes Martin Schäfer.

Il reste que cette crise aura un impact durable sur les chances de la Turquie d'entrer dans l'UE, alors que les négociations sont déjà au point mort. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, "c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie" suite à ces propos "choquants".

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