Erdogan accuse les Pays-Bas du massacre

20 Mars, 2017, 17:41 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu ce 12 mars à Metz Turquie

La Turquie reproche aux Pays-Bas - qui votent mercredi pour des législatives test pour l'Europe - d'avoir refusé la participation de ministres turcs à des meetings de soutien à Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne référendaire pour renforcer ses pouvoirs présidentiels.

Mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau éreinté les Pays-Bas en évoquant leur rôle dans le génocide de Srebrenica, en 1995 dans l'ex-Yougoslavie, et en promettant qu'il n'en resterait pas là avec La Haye. "Ce sont eux qui ont massacré plus de 8000 Bosniens musulmans en Bosnie-Herzégovine lors du massacre de Srebrenica", enclave qui était sous protection de Casques bleus néerlandais, a déclaré M. Erdogan lors d'un discours.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui appelait dans la matinée à l'apaisement, a souligné après coup que les " propos incendiaires " d'Erdogan et ses comparaisons avec le nazisme ne contribueraient pas à une désescalade. "Ils n'ont rien à voir avec la civilisation, ni avec le monde moderne".

Chers amis, nous connaisssons les Pays-Bas et les Néerlandais par le massacre de Srebrenica. Cet épisode intervient dans un contexte de tensions accrues entre les deux pays depuis le putsch manqué visant le régime d'Erdogan en juillet 2016.

Ali Kazancigil: Je pense que le refus de l'Allemagne d'autoriser des ministres du gouvernement turc à tenir des meetings de propagande sur son territoire, en faveur du " oui " au référendum qui se tiendra en Turquie le 16 avril 2017 est justifié, même si cela peut-être considéré comme une entorse à la liberté de réunion dans l'espace public.

La Turquie va porter plainte contre les Pays-Bas pour violation du Traité de Vienne auprès des Nations Unies, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du Conseil de l'Europe, affirme mardi le quotidien Hürriyet. De son côté, le président turc accuse les Pays-Bas de "terrorisme d'Etat".

Le chef de la chancellerie allemande Peter Altmaier, un proche d'Angela Merkel, a également haussé le ton mardi soir en menaçant d'interdire aux dirigeants turcs de se rendre en Allemagne. "Vous n'êtes pas un démocrate, vous portez préjudice à votre pays!"

C'est sur ce dernier point qu'en privé les langues se délient: malgré les engagements pris par l'Union de ranimer les négociations d'adhésion pour prix partiel de l'accord euro-turc de renvoi des migrants parvenus dans les îles grecques, chacun estime qu'il est temps de suspendre officiellement ces pourparlers.

"Ils devraient prendre en compte les relations diplomatiques entre nos deux pays" pense un autre.

Mme Merkel a jugé ces propos "aberrants". Pour envisager une victoire du "oui", les voix de la diaspora turque en Europe lui sont particulièrement précieuses.

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