Erdogan attaque de nouveau l'Europe — Turquie

20 Mars, 2017, 22:53 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Jean-Claude Juncker et Theresa May en février 2017 à Malte

En pleine campagne sur le référendum du 16 avril, le président Erdogan reproche à ces trois pays d'avoir refusé la venue chez eux de ministres turcs qui devaient assister à des meetings électoraux avec la diaspora turque.

"Chers frères, ils ont lancé une croisade contre le croissant [symbole de l'islam]", a lancé Recep Tayyip Erdogan le 16 mars, au sujet de l'arrêt rendu deux jours plus tôt par la Cour de justice de l'Union européenne, estimant que le voile pouvait être interdit dans le règlement intérieur d'une entreprise.

La crise entre la Turquie et l'Europe a débordé sur Twitter mercredi avec le piratage massif de comptes par de présumés hackers pro-Erdogan qui ont posté un message faisant écho à ses sorties sur le "nazisme" de l'Allemagne et des Pays-Bas.

Lors d'une nouvelle attaque, le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a agité mercredi la menace d'une annulation unilatérale du pacte migratoire avec l'UE. Et ils répondent à la question sur le risque possible ou non de voir la Turquie dénoncer l'accord sur les migrants, conclu il y a un an avec les pays européens.

En moins de 140 caractères, quelques émojis et une croix gammée, les hackers ont condensé dans leur message la rhétorique incendiaire dont usent les responsables turcs, M. Erdogan en tête, depuis le début de la crise à l'encontre de l'Allemagne et des Pays-Bas.

"#Allemagne nazie #Pays-Bas nazis". Vous voulez savoir ce que j'ai écrit?

Cette cyberattaque marque un nouveau palier dans une crise qui ne connaît pas de répit à l'approche du référendum en Turquie et d'échéances électorales dans des pays européens où les mouvements populistes ou d'extrême droite ont le vent en poupe.

Si Ankara n'a de cesse de mettre en garde contre l'islamophobie croissante en Europe, la défaite mercredi du parti islamophobe de Geert Wilders aux législatives néerlandaises n'a pas apaisé les tensions.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit "scandalisé" mercredi par les propos de M. Erdogan sur le "nazisme" de l'Allemagne et des Pays-Bas, les jugeant incompatibles avec l'ambition d'Ankara de rejoindre l'UE. Le président du Conseil européen a ensuite évoqué Rotterdam. "Tusk et Juncker, il faut geler les négociations d'adhésion maintenant", a tonné mercredi dans l'hémicycle du Parlement européen le chef de file des eurodéputés libéraux, le Belge Guy Verhofstadt.

L'annulation du jumelage a été décidée peu après un discours de M. Erdogan dans lequel il l'avait réclamée. Par ailleurs, selon des analystes, M. Erdogan veut se placer en homme fort face à l'Europe dans l'objectif de séduire l'électorat nationaliste turc.

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