L'assaillant était sous l'emprise de l'alcool et de stupéfiants — Orly

20 Mars, 2017, 03:26 | Auteur: Remi Laffitte
  • Le procureur de Paris François Molins a tenu une conférence de presse samedi soir

L'autopsie de Ziyed Ben Belgacem a été effectuée ce dimanche.

Ziyed Ben Belgacem n'était donc pas fiché "S" (sûreté de l'État), mais "J" (justice) au Fichier des personnes recherchées (FPR) puisqu'il était sous contrôle judiciaire après une affaire de vol par effraction. "J'ai entendu des éclats de voix, et j'ai vu des militaires qui tenaient en joue une personne", a expliqué Dominique, un voyageur en partance pour la République dominicaine qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Samedi en fin de matinée, les enquêteurs ont placé en garde à vue son père et son frère, qui se sont présentés d'eux-mêmes à la police. Il avait lancé aux militaires au moment de l'agression: "Je suis là pour mourir par Allah". Mais toujours le même rituel: il sortait tous les soirs vers 21h seul, en jogging, fumait sa cigarette près de l'entrée de l'immeuble, à chaque fois muré dans son silence. Entretemps, il a appelé son père pour lui avouer avoir "fait une connerie", a raconté ce dernier, et lui a demandé son "pardon", ce que le père lui refuse, car "il a touché à un gendarme".

Ziyed Ben Belgacem, Français de 39 ans, était connu des services de police et de renseignement. "(.) Il y a une volonté très forte d'aller au bout de ce processus", selon le procureur, qui a évoqué "une sorte de fuite en avant avec un processus de plus en plus destructeur qui va visiblement crescendo (.) avec des intentions qui sont criminelles de façon très objective".

L'attaque, sur laquelle une enquête a été confiée au Parquet anti-terroriste, a semé la panique au terminal sud d'Orly, deuxième aéroport parisien après Roissy-Charles de Gaulle, entraînant l'évacuation de 3 000 passagers, la mobilisation d'importantes forces de sécurité et l'interruption du trafic.

Des magasins qui ferment leurs rideaux instantanément, des valises abandonnées en plein aéroport: les témoins qui ont assisté à l'attaque ont décrit une scène aussi brève que violente.

Le trafic aérien a repris par étapes dans l'après-midi.

La situation s'était normalisée dimanche à la mi-journée à Orly, au lendemain de l'attaque d'une patrouille de l'opération Sentinelle à l'aéroport, qui avait conduit les autorités à fermer momentanément ses deux terminaux, a indiqué à l'AFP une porte-parole d'Aéroports de Paris. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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