Merkel menace d'interdire les meetings pro-Erdogan en Allemagne

20 Mars, 2017, 23:53 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Turquie : Le bouchon nazi poussé un peu loin

Votre mission n'est pas de soutenir des organisations terroristes, mais d'en extrader les membres', avait lancé M. Erdogan dimanche à Istanbul.

Angela Merkel affublée d'une petite moustache et d'un uniforme nazi: un journal pro gouvernement turc a publié ce vendredi 17 mars ce photomontage de la chancelière allemande dépeinte en Hitler, en pleine crise entre Ankara et l'UE.

Le gouvernement allemand 'se réserve le droit' de 'réexaminer les autorisations' données à ce jour à la participation de responsables politiques turcs à des meetings en Allemagne en vue du référendum du 16 avril. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître demain, qualifiant les propos du chef de l'Etat turc de " choquants ".

"J'ai dit de ce fait très clairement à mon homologue turc qu'une limite avait été franchie", ajoute Gabriel.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement hier à la chancelière allemande Angela Merkel, l'accusant de pratiques " nazies", la tension entre les deux pays reprenant de plus belle.

L'Allemagne est un vrai enjeu pour le président turc: elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

"A qui cela profitera-il vraiment si nous répliquons dans le même registre, sur le même ton que celui du chef de l'Etat turc?", s'est interrogé Martin Schäfer.

Elle a demandé l'arrêt des subventions européennes "qui se montent en milliards d'euros" en faveur de la Turquie, prévues pour l'aider à se rapprocher de l'UE.

Mais les nouvelles attaques proférées par Recep Tayip Erdogan à l'encontre de la chancelière ne sont pas du tout passées. "C'est insolent, c'est une effronterie que le dirigeant d'un pays ami insulte ainsi la dirigeante de ce pays" a estimé l'ancien président du Parlement européen.

En outre, la Turquie a annoncé ce dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit. Cette déclaration vise à " blanchir " le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé à la télévision le porte-parole de la présidence turque. Il dément catégoriquement toute implication.

Surtout, aux yeux de Berlin, toute surenchère n'aboutirait qu'à faire le jeu du président Erdogan dans la perspective du référendum du 16 avril.

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