"Nazie ", Merkel menace les responsables turcs d'interdiction de meetings

20 Mars, 2017, 21:28 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Recep Tayyip Erdogan le 12 mars 2017 à Istanbul

"Ils ne nous ont pas accordé les Jeux olympiques alors que nous les méritions!", a lancé Recep Tayyip Erdogan, affirmant que la Turquie avait "accompli des progrès importants pour les Jeux olympiques en termes de préparation sportive et d'infrastructures". "C'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie " suite aux propos "choquants" du président turc. "Mais tu a recours en ce moment à des pratiques nazies", a lancé M. Erdogan à l'adresse de la chancelière. M. Erdogan a par ailleurs de nouveau qualifié le journaliste germano-turc Deniz Yucel "d'agent du terrorisme" et de "prétendu journaliste", reprochant à l'Allemagne de l'avoir hébergé pendant un mois au consulat d'Istanbul avant qu'il ne se rende à une convocation de la police.

Proche de la chancelière, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté: "Est-ce que M. Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer "les aides financières qui se montent en milliards d'euros de l'Union européenne".

En outre, la Turquie a annoncé ce dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit.

Cette déclaration vise à "blanchir" le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé le porte-parole de la présidence turque. "La Turquie est en train d'évoluer vers un Etat autoritaire", a estimé l'ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

Cet accès de tension a encore écarté la perspective d'une intégration de la Turquie à l'UE, qui a pourtant été un leitmotiv des autorités turques depuis un demi-siècle.

DIPLOMATIE Le ministre allemand des affaires étrangères a transmis le message à son homologue turc.

Le gouvernement allemand a jugé lundi "inacceptables" les nouvelles accusations du président turc de pratiques "nazies" contre Angela Merkel, tout en cherchant à désamorcer la "tactique" électorale suivie à ses yeux par Ankara.

Recommande: