Pour Berlin, Erdogan a "dépassé une limite" — Pratiques "nazies"

20 Mars, 2017, 22:52 | Auteur: Edgar Lajoie
  • François Hollande et Angela Merkel ont jugé jeudi

L'Etat-région allemand de Sarre (ouest) a annoncé vouloir interdire à tout responsable politique étranger d'organiser des réunions électorales sur son territoire, une mesure inédite dans le pays visant les rassemblements pro-Erdogan. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, "c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie" suite à ces propos "choquants".

La Turquie avait déjà accusé au début du mois l'Allemagne d'user de pratiques "nazies" en empêchant des meetings, et en refusant la participation de ministres turcs, provoquant une vive réaction à Berlin, Bruxelles et Paris.

La crise est devenue européenne cette semaine après que les Pays-Bas ont fermé le pays à deux ministres turcs venus faire campagne. Quand on les traite de nazis, cela ne leur plaît pas. "En particulier Merkel", a déclaré M. Erdogan dans un discours télévisé. " Mais tu as recours en ce moment à des pratiques nazies ", a lancé M. Erdogan à l'adresse de la chancelière.

"Nous sommes littéralement prêts à accueillir des compétitions internationales grâce aux équipements sportifs modernes dans plusieurs de nos villes", a souligné Recep Tayyip Erdogan, sans toutefois dire si la Turquie présenterait sa candidature à l'organisation de futurs Jeux.

La défaite, en 2013, d'Istanbul face à Tokyo pour l'organisation des Jeux d'été de 2020 avait été vécue comme un traumatisme par la Turquie et une humiliation par le gouvernement turc, qui s'enorgueillit de ses gigantesques projets d'infrastructures. La chancelière allemande réagissait à de nouvelles attaques à son encontre proférées par le président turc Erdogan.

La Turquie a par ailleurs réagi avec véhémence aux propos du patron des renseignements extérieurs allemands, qui avait estimé dans un entretien publié samedi par l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à " convaincre " de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier.

Angela Merkel a dévoilé devant la presse le contenu d'un document transmis récemment par son gouvernement aux autorités turques au sujet de la tenue de réunions électorales du parti au pouvoir, l'AKP, qui ont été autorisées sur le sol allemand, où vit la plus grande diaspora turque au monde.

Recommande: