Présidentielle 2017. Le débat TF1 déjà décisif

20 Mars, 2017, 20:19 | Auteur: Stephane Girardot
  • Affiches électorales d'Emmanuel Macron le 18 mars 2017 à Béduer près de Figeac

La campagne pour l'élection présidentielle entre vraiment dans le dur lundi avec un débat télévisé réunissant sur TF1 et LCI les cinq principaux candidats, une première dans l'histoire politique française. Il passerait donc devant Marine Le Pen (25%).

Environ 1,3 million de téléspectateurs ont regardé le programme qui n'a pas manqué de faire réagir les internautes. Il essaiera d'imposer "un débat projet contre projet pour montrer qu'il est le candidat de la justice sociale et de l'écologie face à l'ambiguïté mortifère d'un Macron", affirme Laura Slimani, sa porte-parole. Ce geste inspiré des rappeurs américains d'Atlanta fait fureur dans les cours de récréation.

Malgré le ton décalé, l'émission passe au crible, l'air de rien, tous les programmes. Il n'y "aucune inquiétude", veut faire croire son entourage. Cet électorat trouve le candidat de droite trop tiède sur les valeurs, mais celui d'extrême droite trop étatiste et souverainiste. Mais elles ont surtout contribué à radicaliser et à diviser les deux familles politiques, laissant un gigantesque espace au centre à un Emmanuel Macron qui n'en demandait pas tant.

Emmanuel Macron, qui la talonne dans les sondages, à beaucoup plus à perdre: son électorat est beaucoup plus friable et il devra prouver lundi soir qu'il n'est pas seulement l'invité surprise de cette présidentielle mais aussi qu'il peut être un chef de l'Etat crédible. Il n'y a qu'un enfant de 10 ans pour poser cette question à un François Fillon en rogne contre le "tribunal médiatique" et.obtenir une réponse!

Il a fustigé une "campagne polluée par l'argent", ciblant d'une même voix le candidat de la droite François Fillon et celui d'En Marche! L'enjeu principal pour le député frondeur est donc de tenir la ligne ancrée à gauche, qui fait son identité, tout en n'obérant pas sa capacité à rassembler. Autrement dit incarner une rupture par rapport au quinquennat qui s'achève, sans pour autant se renier et insulter de futurs alliés.

A gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, dont les campagnes marquent le pas, comptent sur la joute télévisée pour les relancer, après avoir organisé ce week-end leurs plus gros rassemblements. Le leader de la France insoumise qui plafonne à 11.5 % des intentions de vote selon l'enquête Ipsos-Sopra Steria Cevipof Le Monde réalisée les 14 et 15 mars se retrouve juste derrière le candidat socialiste (12,5 %). Il ne devrait pas se priver de tirer à boulets rouges sur ses quatre adversaires.

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