Berlin juge "inacceptables" les propos d'Erdogan — Nazisme

21 Mars, 2017, 05:41 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le président de la Commission européenne menace la Turquie

"En particulier Merkel", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé.

Trop, c'est trop. La chancelière Angela Merkel menace à présent d'interdire aux responsables turcs de participer à des réunions électorales pro-Erdogan en Allemagne.

Les critiques de Recep Tayyip Erdogan, à l'égard de ces pays, pour avoir empêché des meetings et avoir refusé la participation de ministres turcs, avait provoqué de vives réactions de la part de Berlin, Bruxelles et Paris. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a justifié cette retenue par la volonté de Berlin de ne pas donner des arguments au président Erdogan pour faire de la surenchère avant le référendum du 16 avril dans son pays sur un projet de révision constitutionnelle qui doit renforcer ses pouvoirs.

L'Allemagne est au centre du bras de fer du président Erdogan avec l'Europe car elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

En se bornant à qualifier ces propos d'"inacceptables", le gouvernement allemand se contente de réitérer la position déjà exprimée à chaque sortie de ce type du chef de l'Etat turc.

Proche de la chancelière, Julia Klöckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté: "Est-ce que M. Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer "les aides financières qui se montent en milliards d'euros de l'Union européenne". Le journal nationaliste turc Günes a placé sur sa couverture la chancelière allemande Angela Merkel déguisée en "Femme Hitler ". "Je m'étonne des propos que j'entends en provenance de Turquie". Il a estimé dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à "convaincre" de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier. Il dément catégoriquement toute implication.

Recep Tayyip Erdogan a jeté de l'huile sur le feu samedi en déclarant s'attendre à ce que le Parlement vote, après le référendum du 16 avril, le retour de la peine capitale, abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'UE.

Une telle mesure acterait donc la fin des ambitions de la Turquie sur ce point, comme l'a souligné hier le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, dans une interview au quotidien allemand Bild.

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