Berlin menace d'interdire les meetings pro-Erdogan

21 Mars, 2017, 11:17 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Jean-Claude Juncker Ce n'est pas l'UE qui se joint à la Turquie c'est la Turquie qui se joint à l'UE

"Quand on les traite de nazis, cela ne leur plaît pas". Mercredi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré, devant le Parlement européen, que les postures de Recep Tayyip Erdogan traduisaient l'attitude d'un pays "qui n'essaye pas de rejoindre l'Union européenne". M. Erdogan avait assimilé ces décisions à des pratiques nazies, et dénoncé "un esprit de fascisme débridé" en Europe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré samedi s'attendre à ce que le parlement de son pays approuve le rétablissement de la peine capitale après le référendum du 16 avril prochain sur l'extension de ses pouvoirs.

"Nous sommes tolérants, mais nous ne sommes pas des imbéciles", lui a répliqué le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel dans le quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi.

"J'ai donc fait savoir très clairement à mon homologue turc qu'une limite avait été ici franchie" suite aux propos "choquants de M. Erdogan", a-t-il ajouté.

Elu dimanche président du SPD et challenger d'Angela Merkel aux législatives du 24 septembre, Martin Schulz a jugé les propos du président turc "indignes d'un chef d'Etat".

Jusqu'à présent, le président turc n'a pas prévu de se déplacer en personne en Allemagne pour promouvoir son référendum auprès des quelque 3 millions de Turcs ou personnes d'origine turque vivant dans le pays.

Berlin stationne aussi ses avions de chasse sur la base turque d'Incirlik (sud) dans le cadre de la lutte de la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique.

La Turquie a annoncé aujourd'hui avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et ont été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.

Il a estimé dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à "convaincre" de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier. Exilé aux Etats-Unis, celui-ci dément catégoriquement toute implication. Cette déclaration vise à " blanchir " le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé à la télévision le porte-parole de la présidence turque. Plus que jamais, la perspective d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne semble chimérique.

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