Ce qu'il faut retenir du premier débat de la présidentielle

21 Mars, 2017, 08:41 | Auteur: Stephane Girardot
  • Présidentielle 2017. Le débat TF1 déjà décisif

Il aura fallu l'intervention piquante de Jean-Luc Mélenchon, ironisant sur "un débat au PS", pour détendre l'atmosphère.

Inspiré des débats des primaires, ce débat devrait être d'un format court laissant peu d'espace à la parole des nombreux participants. Marine Le Pen, actuellement au coude-à-coude avec Emmanuel Macron dans les sondages, a été attaquée sur les thèmes de l'immigration, de l'éducation et de la sécurité. Sur un débat de trois heures, les questions économiques ne sont apparues qu'après 22h30.

En réussissant dimanche son rassemblement parisien, avec 20 000 participants, M. Hamon qui peine à convaincre a développé un discours vibrant et ancré à gauche, très offensif contre ses adversaires, mais aussi contre l'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui n'a pas voulu lui accorder son parrainage. François Fillon critiquait alors le programme de Benoît Hamon: "Avec monsieur Hamon, c'est 32 heures, le revenu universel, dans un pays qui a 2.200 milliards de dettes".

La présidente du FN a très vite pris le relai. Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas privé de mener la charge, ni de l'associer à Marine Le Pen, également aux prises avec des affaires: "Ici, il n'y a que deux personnes qui sont concernées: M. Fillon et Mme Le Pen, assène-t-il". Pour François Fillon, " la question fondamentale est celle de l'intégration de la communauté musulmane. "Mais j'ai l'expérience et la volonté". Alors que les journalistes de TF1 tentaient péniblement d'interrompre l'échange, Jean-Luc Mélenchon a lancé, ironique: "Il faut bien qu'il y ait un débat au PS. "Je vais vous rassurer M. Mélenchon". "Beaucoup de jeunes sortent plus dangereux de prison [.] il y a deux fois plus de récidives en sortie de prison" a-t-il avancé, expliquant qu'il était pour "renforcer les moyens pénitentiaires d'insertion". Et d'ajouter: "Les Français ont le droit de se protéger de l'ouverture totale des frontières, en matière migratoire et économique". Elle a donc pilonné Emmanuel Macron, le " candidat du système " comme on aime à le dépeindre dans le parti d'extrême droite, sur le pantouflage de hauts fonctionnaires devenus banquiers. Benoît Hamon enchaîne dans le registre musclé après la présentation du programme ultrasécuritaire de Marine Le Pen: "Que vous soyez une droguée aux faits divers c'est une chose, mais vous êtes candidate à la présidence".

Marine Le Pen veut bannir tous les symboles religieux - dont le voile islamique et la kippa juive - de l'espace public. Cinq des onze candidats étaient réunis sur TF1. "Je respecte les règles de plafond", a encore affirmé le leader d'En Marche!, qui "n'aime pas les insinuations" mais "préfère être direct". Toutefois, si ses premiers mots ont trahi une certaine appréhension, avec une voix quelque peu hésitante, il s'est vite rattrapé. Des soupçons de favoritisme ont déclenché une enquête autour d'un déplacement ministériel organisé en 2016 pour Emmanuel Macron, alors à la tête du ministère de l'Économie.

Selon les résultats, il obtient 25,5% des intentions de vote devant Marine Le Pen à 25%. Et de promettre à ses détracteurs: "Je vais continuez de vous embêter".

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