Erdogan accuse Merkel d'avoir recours à des "pratiques nazies"

21 Mars, 2017, 01:47 | Auteur: Gregory Millet
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 12 mars 2017 à Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé dimanche, à l'occasion d'une réunion à Istanbul, ses attaques contre la chancelière allemande Angela Merkel. Des tensions qui ont été déclenchées par la récente décision de l'Allemagne d'annuler l'intervention du chef de la diplomatie turque à Hambourg, suivie par celle des autorités néerlandaises de refouler deux ministres turcs, dont le chef de la diplomatie, Mevlut Cavusoglu, qui voulaient faire campagne auprès de la diaspora turque en vue du référendum constitutionnel du 16 avril.

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plait pas".

Samedi 18 mars, Recep Tayyip Erdogan a notamment évoqué sa volonté de rétablir la peine de mort, alors que son abolition fait partie des conditions préalables pour intégrer l'UE.

"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est interrogé la vice-présidente de la CDU, Julia Klöckner. Elle a demandé l'arrêt des subventions européennes "qui se montent en milliards d'euros" en faveur de la Turquie, prévues pour l'aider à se rapprocher de l'UE. La Turquie a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et ont été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril. "La Turquie est en train d'évoluer vers un Etat autoritaire", a-t-il jugé. "Je m'étonne des propos que j'entends en provenance de Turquie".

Il a estimé dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel qu'Ankara n'avait pas réussi à "convaincre" de la responsabilité du prédicateur Fethullah Gülen dans le putsch manqué de juillet dernier.

Cette déclaration vise à "blanchir" le groupe de Gülen en Europe, s'est insurgé le porte-parole de la présidence turque. Exilé aux Etats-Unis, celui-ci dément catégoriquement toute implication.

Après l'annulation de certains meetings de son parti aux Pays-Bas ou en Allemagne, Erdogan a dénoncé des "pratiques nazies", et promet des suites.

Une telle mesure acterait donc la fin des ambitions de la Turquie sur ce point, comme l'a souligné hier le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, dans une interview au quotidien allemand Bild.

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