Erdogan s'en prend de plus belle à Merkel

21 Mars, 2017, 00:35 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Si la Turquie du président Erdogan compte rétablir la peine de mort alors il devra renoncer à adhérer à l'Union européenne

Le ministre allemand a clairement indiqué que les interventions d'hommes politiques turcs en Allemagne - dans l'optique du référendum constitutionnel turc du 16 avril - ne seraient tolérées que si les "comparaisons choquantes et les reproches absurdes" cessent. "En particulier Merkel", a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans un discours télévisé.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement hier à la chancelière allemande Angela Merkel, l'accusant de pratiques " nazies", la tension entre les deux pays reprenant de plus belle.

"Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", lui a répliqué le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel dans le quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi. Ayant aussi empêché la venue de ministres turcs, le gouvernement néerlandais a été l'objet d'accusations similaires.

L'Allemagne est un vrai enjeu pour le président turc: elle héberge la plus importante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.

Pour autant, Berlin, tout en accusant les responsables turcs d'avoir "franchi une limite" avec la mention du nazisme, fait tout pour éviter un affrontement direct.

POLEMIQUE Berlin a fermement condamné les propos du président turc Erdogan qui avait qualifié, ce dimanche, l'interdiction de réunions électorales pro-Erdogan de " pratiques nazies "...

La Turquie a aussi convoqué dimanche l'ambassadeur d'Allemagne pour protester au lendemain d'une manifestation de Kurdes à Francfort lors de laquelle des drapeaux des combattants kurdes ont été brandis, évoquant un " scandale ".

Le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, à la tête d'un vaste réseau d'écoles, d'entreprises et d'ONG, est accusé par les autorités turques d'avoir ourdi la tentative de putsch du 15 juillet 2016. "M. Erdogan a jeté de l'huile sur le feu samedi en déclarant s'attendre à ce que le Parlement vote, après le référendum du 16 avril, le retour de la peine capitale, abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'UE". "C'est une honte", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

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