La Fed garde sa ligne de conduite

21 Mars, 2017, 03:39 | Auteur: Stephane Girardot
  • Wall Street a ouvert en légère baisse mardi

La Réserve fédérale est restée prudente pour l'avenir, se disant attentive à l'inflation, selon un communiqué du Comité monétaire.

Elle prévoit une croissance à 2,1% en 2017 (inchangée par rapport à sa projection de décembre), un taux de chômage de 4,5% (inchangé) et une inflation de base de 1,9% (contre 1,8%). Un membre de la Fed, Neel Kashkari (banque de Minneapolis) qui aurait préféré un statu quo, a voté contre cette décision qui était très attendue par les marchés.

Dans son communiqué, le FOMC justifie cette décision en se félicitant que le marché du travail ait "continué à se renforcer" au cours des dernières semaines et que l'activité économique dans son ensemble connaisse toujours une "expansion à un rythme modéré".

La Banque centrale américaine (Fed) s'est montrée mercredi nettement moins optimiste que l'administration Trump sur la croissance économique des Etats-Unis dans les prochaines années.

Ce nouveau pas vers une normalisation progressive de la politique monétaire, annoncé à l'issue de deux jours de débats du Federal Open Market Committee (FOMC), était jugé acquis par la quasi-totalité des investisseurs dans un contexte marqué par des indicateurs économiques globalement solides.

Mais cette hausse ne change rien au constat froid que la dette étant ce qu'elle est, cette hausse de taux va augmenter le déficit des USA.

L'objectif de taux des fonds fédéraux ("fed funds"), principal instrument de la politique monétaire de la Fed, est ainsi porté à 0,75%-1,0%, se rapprochant ainsi du bas de la fourchette dans laquelle il se situait avant la crise financière de 2007-2009.

Si elle a augmenté les taux, la Fed a maintenu son calendrier d'un total de trois hausses en 2017 et trois autres en 2018.

La banque centrale n'a pas révisé ses prévisions économiques, hormis un soupçon d'optimisme ajouté à la croissance du PIB pour 2018 à 2,1% comme cette année, au lieu de 2% prévu en décembre.

La Fed s'est toutefois jusqu'ici gardée de prendre en compte les projets de relance du président Trump, notamment les réductions d'impôts et les dépenses en infrastructures, tant que ceux-ci ne sont pas votés. Sa propre mesure de la hausse des prix se situe à 1,7% aujourd'hui. En 2018 et 2019, l'inflation devrait rester à 2%, estime l'institution monétaire.

Depuis quelque temps, Janet Yellen répète que la Fed était mieux équipée pour lutter contre l'inflation que pour faire face à un soudain retournement de conjoncture ou à une poussée du chômage. Dressant un bilan positif de l'économie des Etats-Unis qui continue à progresser "de manière modérée", la banque centrale souligne que les investissements des entreprises "se sont raffermis" alors qu'elles les trouvaient "mous" auparavant. Contrairement aux attentes de certains analystes, elle ne table pas sur une accélération du nombre de hausses de taux cette année, qui aurait pour but de prévenir une surchauffe de l'économie.

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