" "Le président turc Erdogan reproche des " pratiques nazies " à Angela Merkel

21 Mars, 2017, 06:02 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan à Istanbul le 12 mars 2017. 

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plaît pas". Mais vous êtes en train de prendre des mesures nazies.

Le président turc a déclaré s'attendre à ce que le Parlement approuve le rétablissement de la peine capitale après le référendum sur l'extension de ses pouvoirs. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, "c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie" suite à ces propos "choquants". "Je crois, si Dieu le veut, que le Parlement fera le nécessaire à propos de vos exigences sur la peine capitale après le 16 avril", a déclaré M. Erdogan.

Le gouvernement allemand refuse toutefois de céder à la surenchère, par crainte de faire le jeu du président turc. "Le bal masqué est fini!", a-t-il lancé, accusant l'Europe de soutenir des groupes terroristes.

Selon Julia Klöckner, vice-présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel, il est temps pour l'UE de geler l'aide financière de plusieurs milliards d'euros promise à Ankara dans le cadre de l'accord sur l'accueil des migrants.

"M. Erdogan, est-il devenu fou?"

En Allemagne, la population d'origine turque est estimée à 2,7 millions d'habitants.

Dans un nouvel accès de fureur, la direction turque a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation de Kurdes lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et avaient été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.

DIPLOMATIE Le ministre allemand des affaires étrangères a transmis le message à son homologue turc. Le ministère a accusé les autorités allemandes de permettre aux pro-Kurdes de manifester tout en interdisant aux ministres turcs de faire campagne en Allemagne.

Ankara s'est également dit indigné par les doutes exprimés par le chef des services secrets allemands concernant l'implication du prédicateur turc exilé aux États-Unis, Fethullah Gülen, dans l'organisation du coup d'État échoué en Turquie en juillet 2016.

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