Pratiques "nazies" : pour Berlin, Erdogan a "dépassé une limite"

21 Mars, 2017, 11:13 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Erdogan: La Turquie ne cédera pas une once de terrain aux terroristes

Le gouvernement allemand 'se réserve le droit' de 'réexaminer les autorisations' données à ce jour à la participation de responsables politiques turcs à des meetings en Allemagne en vue du référendum du 16 avril. "Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, "c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie" suite à ces propos "choquants".

Le président turc Erdogan avait accusé, le 5 mars, l'Allemagne d'user de "pratiques nazies", après l'interdiction, par des autorités municipales allemandes, de meetings électoraux en faveur du oui au référendum du 16 avril sur l'extension des pouvoirs présidentiels en Turquie.

"Vous nous faites des leçons de démocratie puis vous empêchez les ministres de ce pays de s'exprimer là-bas", a-t-il également déploré.

"Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plait pas".

Les tensions sont exacerbées entre la Turquie et plusieurs pays européens, depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a multiplié les charges verbales virulentes contre eux. Ils manifestent leur solidarité.

L'Allemagne est en plein bras de fer avec le président Erdogan et héberge la plus importante diaspora turque au monde.

"Il a besoin d'un ennemi pour sa campagne électorale: la Turquie humiliée et l'Occident hautain", selon le chef de la diplomatie allemande.

La décision de l'ex-président américain Barack Obama de se "désengager" du Moyen-Orient a laissé un vide, "rempli par ces trois éléments qui luttent pour l'hégémonie dans la région", a-t-il jugé.

"Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?", s'est interrogé une proche d'Angela Merkel et vice-présidente de la CDU, Julia Klöckner.

Dans un nouvel accès de fureur, la Turquie a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d'une manifestation kurde lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et lancés des appels à voter non au référendum turc du 16 avril.

Les relations entre la Turquie et l'Allemagne traversent une crise aiguë après l'annulation par les autorités locales de plusieurs réunions électorales pro-Erdogan dans le pays, dont M. Erdogan s'est emparé pour dénoncer l'Europe et l'Allemagne en particulier, avec qui les relations sont exécrables depuis l'été dernier.

La Turquie n'a jamais été aussi éloignée d'une adhésion à l'Union européenne, estime le ministre allemand des Affaires étrangères.

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