Bachar al Assad accuse les pays occidentaux d'avoir monté l'attaque chimique

13 Avril, 2017, 19:58 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Pour Assad l’attaque chimique est une histoire

Quelques jours après l'attaque chimique de Khan Cheikhoun et les représailles américaines, le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé, dans un entretien accordé à l'Agence France-Presse (AFP) mercredi 12 avril, que celle-ci était totalement fabriquée.

Pour cette entrevue à la caméra, la première de Bachar Al-Assad depuis l'attaque chimique, l'AFP a dû soumettre sa liste de questions, et la présidence syrienne a choisi de ne répondre qu'à cinq d'entre elles.

Suite à l'attaque chimique de mardi à Khan Cheikhoun, attribuée par les pays occidentaux aux forces armées syriennes, les États-Unis ont tiré, dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat en Syrie qui, selon Washington, serait "associée au programme " d'armes chimiques de Damas et "directement liée " à l'attaque à l'arme chimique survenue le 4 avril. Il s'agissait de leurs premières frappes depuis le début du conflit il y a six ans.

"Les seules informations dont dispose le monde jusqu'à présent sont celles publiées par la branche d'Al-Qaïda", a affirmé le chef de l'Etat syrien en référence au groupe djihadiste, Fateh al-Cham, qui contrôle la ville de Khan Cheikhoun avec les rebelles.

Par ailleurs, Bachar al-Assad a affirmé que les États-Unis n'étaient pas "sérieux" dans la recherche d'une solution politique en Syrie, les accusant d'utiliser le processus politique de Genève pour venir en aide aux rebelles, qui perdent du terrain face au régime. " Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (...) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées ", a-t-il dit.

"Nous allons œuvrer [avec les Russes] en vue d'une enquête internationale. Mais elle doit être impartiale", selon lui. "Nous ne pouvons permettre une enquête que si, et seulement si, elle est impartiale et en nous assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûrs qu'elle ne sera pas utilisée à des fins politiques ", a-t-il dit.

Le président syrien a aussi fait savoir qu'il accepterait uniquement une enquête " impartiale ". "Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n'a pas été affectée".

Les autorités syriennes ont rejeté les allégations d'utilisation d'armes chimiques, rappelant qu'elles avaient été complètement détruites sous la supervision d'experts internationaux de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

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