La justice critique la Russie — Attentat de Beslan

13 Avril, 2017, 18:07 | Auteur: Edgar Lajoie
  • La Cour européenne des droits de l'Homme, le 14 octobre 2014 à Strasbourg

La Russie a été condamnée mercredi à 3 millions d'euros de préjudice par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir fait preuve "graves défaillances" dans sa gestion de la prise d'otages de Beslan en 2004.

Il souligne également qu'aucune mesure de sécurité supplémentaire n'avait été mise en place, même si plusieurs menaces avaient été lancées contre les écoles de la région.

Le 1er septembre 2004 au matin, une trentaine de terroristes lourdement armés encerclent les adultes et les enfants rassemblés pour la rentrée scolaire dans la cour de l'école de Beslan, en Ossétie du Nord.

L'assaut, le 3 septembre 2004. Le commando de rebelles protchétchènes assiège l'établissement, pose des mines dans le gymnase et exécute plusieurs otages.

Quant à l'assaut lui-même, mené après 50 heures de prise d'otages, si l'utilisation d'une force létale était "justifiée", "un usage aussi massif d'explosifs et d'armes frappant sans discernement ne peut être considéré comme absolument nécessaire", a estimé la Cour.

Les requérants - 409 citoyens russes, certains ayant été pris en otages et blessés, d'autres faisant partie de familles de victimes - s'étaient en partie appuyés dans leur plainte sur des témoignages soutenant que les soldats avaient usé aveuglément de la force sur le bâtiment dans lequel rebelles et otages étaient mêlés.

Peu après, le centre de commandement installé à proximité avait ordonné un assaut du bâtiment. Les morts, les blessés et les traumatisés restèrent dans le gymnase, dont le toit s?était effondré aux environs de 15h30, écrit la Cour.

750 personnes avaient été blessées dans ce qui fut la plus effroyable opération antiterroriste. Les policiers de Beslan furent amnistiés, ceux de la police ingouche acquittés des accusations de négligences.

La Cour évoque également des indices selon lesquels les forces russes ont tiré indistinctement sur les combattants et leurs otages.

"Les conclusions de la Cour (.) montrent une incompréhension flagrante de la part des juges européens de toute la gravité de la situation", a accusé le ministère russe, ajoutant qu'il entendait contester cet arrêt. Pour la Russie, condamnée à leur verser environ 3 millions d'euros, la décision de la Cour est "inadmissible". "Au prix de combats intensifs, les forces spéciales sécurisèrent les lieux et secoururent les otages survivants". Cinq otages avaient été tués par les ravisseurs et 125 personnes avaient trouvé la mort après avoir inhalé le gaz. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. "Nous ne pouvons pas être d'accord avec une telle formulation".

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