Rencontre tendue à Moscou sur fond de dossier syrien — États-Unis / Russie

13 Avril, 2017, 18:25 | Auteur: Edgar Lajoie

C'est la huitième fois, depuis le début de la guerre en Syrie en mars 2011, que Moscou met son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité pour protéger le gouvernement de Bachar al Assad. "Nous avons discuté de notre position selon laquelle la Russie, en tant que son plus proche allié dans le conflit, a peut-être de meilleurs moyens pour aider Assad à reconnaître cette réalité", a déclaré Rex Tillerson. "Maintenant ça suffit (...) il faut sortir de l'hypocrisie et rentrer très clairement dans le processus politique ".

"Une petite porte s'est entrouverte pour repartir sur de nouvelles bases", a estimé M. Ayrault.

Signe des divergences patentes entre Occidentaux et Russes, ces derniers ont opposé à l'ONU leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité réclamant une enquête internationale sur cette attaque chimique présumée à laquelle Washington a répondu par une frappe punitive le 6 avril.

Il s'agissait d'une "réponse directe à la barbarie du régime Assad", a déclaré M. Tillerson.

Selon lui, le chef de l'État russe s'est déclaré prêt à revenir sur l'application avec les États-Unis du protocole concernant la prévention des incidents en Syrie. "Le résultat était pré-déterminé parce que nous avons constamment exprimé notre désaccord catégorique avec le contenu de ce document", a-t-il dit.

"Le régime de Bachar al-Assad n'a aucun intérêt à utiliser des armes chimiques".

"Les experts de l'OIAC ont confirmé la destruction de 10 des 12 sites utilisés pour le stockage et la fabrication d'armes chimiques".

Le président syrien a affirmé qu'il voulait une enquête sur ce qui s'est passé à Khan Cheikhoun, mais à condition qu'elle soit "impartiale".

L'attaque chimique survenue la semaine dernière sur des civils syriens a dominé les discussions. Cet accord avait été suspendu après la frappe aérienne américaine en Syrie. Il doit s'entretenir mercredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov, particulièrement sur la Syrie.

Rex Tillerson a prôné le départ "organisé" du président syrien tandis que son homologue russe insistait sur les précédents chaos créés par des départs de "dictateurs".

Après avoir menacé dimanche les État-Unis de représailles en cas de nouvelle attaque, au côté de l'Iran et des autres alliés de M. Assad, la Russie s'est montrée mardi plus conciliante, appelant à une "coopération constructive " et non pas à la confrontation. Cette deuxième rencontre n'était initialement pas prévue.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s'est pour sa part dit "consterné", mercredi soir.

Selon M. Ayrault, cette question n'a même pas été discutée.

"Les deux plus grandes puissances nucléaires ne peuvent pas avoir ce genre de relations", a-t-il souligné, lors d'une longue conférence de presse avec M. Lavrov, où les deux hommes se sont à peine regardés.

"Les sanctions sont un instrument et non pas une fin en soi", a insisté M. Alfano, en mettant en garde contre toute tentation d'isoler la Russie.

Des médecins arrivés sur place après l'attaque avaient relevé des symptômes concordants avec l'utilisation d'un agent neurotoxique. Le texte exigeait notamment que les autorités syriennes fournissent les détails des activités militaires de l'armée syrienne le jour de l'attaque ainsi que les noms des commandants des escadrons aériens, et donnent aux enquêteurs un accès aux bases aériennes.

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