Le FMI maintient ses prévisions pour le Canada

18 Avril, 2017, 18:54 | Auteur: Timothe Dupuy
  • La dette grecque doit être viable pour que le FMI simplique Lagarde | Crédits

Le Fonds monétaire international s'attend à une croissance de l'économie canadienne cette année, mais croit que cette amélioration sera plus modeste que celle prédite la semaine dernière par la Banque du Canada en raison du renforcement inattendu de plusieurs secteurs. Reprenant un message martelé depuis plusieurs mois, le FMI assure toutefois que cette embellie est menacée par la tentation croissante "de repli sur soi" économique, qui s'est manifestée avec la victoire du Brexit au Royaume-Uni et celle de Donald Trump aux Etats-Unis.

Pour 2017, les prévisions sont ainsi relevées pour la zone euro (1,7%), le Japon (1,2%) et la Chine (6,6%) et maintenues à un rythme élevé pour les États-Unis (2,3%). Selon le Fonds, l'aggravation des inégalités depuis la crise financière de 2008 a popularisé un sentiment anti-mondialisation qui pourrait "saper les relations commerciales internationales et, plus généralement, la coopération multilatérale".

Le FMI a estimé que l'économie mondiale croîtrait de 3,5% en 2017, soit 0,1 point de pourcentage de plus que ce qui avait été estimé en janvier, contre une croissance de 3,1% l'année dernière.

L'accélération de la croissance attendue en 2017 et 2018 par rapport au point bas récent de 3,1% enregistré en 2016 "est généralisée", soulignent ses économistes.

Le FMI s'attend à ce que l'économie mondiale avance de 3,5 pour cent cette année et de 3,6 pour cent en 2018, après avoir affiché une croissance de 3,1 pour cent l'an dernier.

L'ensemble de ces prévisions repose sur un scénario où les conditions financières mondiales resteront accommodantes, avec une normalisation des politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine et de la Banque d'Angleterre qui se déroule "sans heurt" - même si elle s'annonce un peu plus rapide que prévu auparavant -, et un baril de pétrole qui remonterait à 55 dollars en moyenne en 2017-2018 contre 43 en 2016.

"Une importante menace vient d'un virage vers le protectionnisme conduisant à une guerre commerciale", prévient dans le rapport le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld.

Le Fonds a par ailleurs légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la Chine, tout en mettant en garde la deuxième économie mondiale quant aux "risques considérables" qui pèsent sur son secteur financier. Dans un "horizon lointain", le potentiel de croissance américain ne sera que de 1,8% alors que M. Trump a assuré pouvoir atteindre une expansion économique de 4%. Le PIB est désormais attendu en hausse de 1,2% (au lieu de l'estimation de 0,8% livrée en janvier), après +1% en 2016.

L'Amérique latine et l'Afrique subsaharienne n'en ont pas besoin: les deux régions sont encore loin d'être tirées d'affaire et voient déjà leurs perspectives amputées cette année par la perte de revenus provoquée par la chute des cours des matières premières.

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