Le président revendique la victoire, l'opposition dénonce un scrutin frauduleux — Turquie

18 Avril, 2017, 09:33 | Auteur: Remi Laffitte
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan

Une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe a critiqué en termes vifs la campagne référendaire qui s'est déroulée, selon elle, dans des conditions inéquitables.

" Il n'y a qu'une seule décision à prendre [.] C'est l'annulation du scrutin par le Haut-Conseil électoral (YSK) ", a déclaré son vice-président, Bülent Tezcan, cité par l'agence de presse Dogan.

"Ils préparent un rapport à leur goût".

"Déjà, restez à votre place!" Le chef de la diplomatie turque a de son côté jugé les conclusions des observateurs "biaisées" et "inacceptables". En Turquie, les deux principaux partis d'opposition, le CHP (social démocrate) et le HDP (prokurde), ont dénoncé des "manipulations" et annoncé qu'ils feraient appel du résultat du référendum.

Par ailleurs, le président turc a évoqué dimanche l'organisation d'un autre référendum pour décider ou non de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne, au lendemain de sa victoire. "Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé M. Erdogan lors d'un discours virulent au palais présidentiel à Ankara, sans avancer de date pour une éventuelle initiative de ce type. La peine capitale a été abolie en 2004 en Turquie dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Union européenne. A vrai dire, ce n'est pas très important pour nous.

Le " oui " a obtenu 51,3% des suffrages (résultats non définitifs), ce qui laisse la voie libre au président turc pour élargir ses pouvoirs de manière considérable et de contrôler les trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire.

Accueilli par une foule de partisans devant l'aéroport Esenboga, M. Erdogan s'est dirigé en cortège vers le palais présidentiel sous les vivats de supporters massés le long des routes.

L'Arabie saoudite et la Turquie, deux puissances sunnites régionales, qui partagent notamment leur soutien aux rebelles dans la guerre en Syrie, ont vu leurs relations s'améliorer au cours de l'année écoulée.

Avec cette victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet 2016, pourrait en théorie rester à la tête de l'État jusqu'en 2029. Il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d'être élu président.

Recep Erdogan a proclamé, dimanche soir, la victoire du "oui" au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs.

"Je ne pense pas qu'Erdogan va s'écarter de l'approche musclée de la politique qu'il a adoptée jusqu'à présent", estime Fadi Hakura, du centre de réflexion londonien Chatham House.

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