Grande-Synthe : le Gouvernement cherche des solutions de logement d'urgence

19 Avril, 2017, 23:58 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Des migrants evacuent le camp en feu le 10 avril 2017 à Grande-Synthep

Après une réunion avec eux, Emmanuelle Cosse a annoncé qu'un quatrième gymnase devait ouvrir mardi soir, à Dunkerque, s'ajoutant aux trois autres déjà ouverts à Grande-Synthe.

"La surpopulation" du camp depuis le démantèlement de la "Jungle" de Calais fin octobre, "a créé des difficultés" à l'origine du drame, de l'aveu du maire de Grande-Synthe, évoquant la fermeture de ce grand bidonville par les autorités françaises.

Emmanuelle Cosse a indiqué que, "maintenant, il faut faire partir le plus vite en centre d'accueil et d'orientation" les personnes hébergées dans les gymnases. Les flammes ont débuté en fin d'après-midi après qu'une rixe a éclaté entre des Afghans et des Kurdes, faisant six blessés à l'arme blanche, selon le préfet du Nord, Michel Lalande. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru. Nous y avons organisé 6 000 journées de bénévolat et regrettons de n'avoir pas été associés aux décisions de critères d'accueil, de gestion du nombre de migrants, de médiation de conflits entre communautés, liées aux conditions d'accueil, qui se sont dégradées. "A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé". Et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts. Ces rixes entre migrants se poursuivaient toujours dans la nuit et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les faire cesser progressaient difficilement, parfois visées par des pierres, selon le correspondant de l'AFP.

La totalité du camp a été évacuée dans la nuit de lundi à mardi mais près des deux tiers des migrants de Grande-Synthe se sont "évaporés dans la nature", dormant sans doute dehors, d'après Christian Salomé, président de l'association L'Auberge des migrants. Et c'est ce qui inquiète les autorités qui ont lancé un grand appel à la solidarité auprès d'associations et des habitants.

"C'est le bazar", témoigne Patrick, un volontaire venu prêter main forte au lendemain de l'incendie qui a détruit le camp à 70%. Le démantèlement de la jungle de Calais aurait causé de nombreux déplacements de population, dont beaucoup d'Afghans. Tout en rappelant que le site n'avait "pas vocation à rester définitivement", la mairie se disait fière de ce "camp humanitaire dont la fonction première est l'hospitalité".

Damien Carême s'est dit "particulièrement affecté compte tenu des efforts déployés pour en arriver là", tout en affirmant qu'il n'avait "pas du tout" un sentiment d'échec.

C'est "le signe du grand chaos migratoire qui bouscule notre pays depuis des années". "On ne fait pas de politicaillerie sur des faits divers qui auraient pu tourner très tragiquement pour des vies humaines", a répliqué Richard Ferrand, au nom d'En Marche!.

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