Bachar el-Assad : l'attaque chimique présumée est "une fabrication à 100%"

20 Avril, 2017, 02:53 | Auteur: Gregory Millet
  • Accueil glacial pour Rex Tillerson à Moscou

La guerre en Syrie demeure le contentieux le plus lourd entre Washington et Moscou, Donald Trump traitant son homologue syrien Bachar al-Assad de "boucher" et d'"animal" et jugeant "possible" que la Russie ait été au courant de l'attaque chimique du 4 avril, imputée au régime de Damas.

"Il s'agit pour nous d'une fabrication à 100% (.) Notre impression est que l'Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu'il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l'attaque" américaine du 7 avril contre une base aérienne, a affirme-t-il dans sa première interview après l' "attaque chimique" sur cette ville et les représailles américaines.

Alors que l'administration américaine estime qu'il n'y a " pas de doute " que le régime de Damas est responsable de l'attaque chimique présumée, la Russie répète qu'il n'y a aucun élément prouvant la responsabilité de Damas. Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal, ajoute-t-il. "Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées".

Le président syrien a également affirmé qu'il voulait une enquête sur ce qui s'est passé à Khan Cheikhoun, à quelques conditions: "Nous allons œuvrer [avec les Russes] en vue d'une enquête internationale". Nous ne pouvons permettre une enquête que si, et seulement si, elle est impartiale, et si nous sommes certains que des pays impartiaux y prendront part pour être sûrs qu'elle ne sera pas utilisée à des fins politiques.

Il a précisé que cette attaque n'avait pas affaibli "notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n'a pas été affectée par cette frappe". Alors que durant sa campagne, Donald Trump avait laissé entendre que les États-Unis ne s'impliqueraient pas trop en matière de politique étrangère, les faits sont en train de prouver le contraire.

Parallèlement, le régime en place à Damas a accusé jeudi la coalition sous commandement américain d'avoir bombardé des dépôts de gaz toxique du groupe Etat islamique mercredi soir dans l'est de la Syrie (lire encadré).

Des sources locales proches de l'opposition font état de 80 morts et de 200 blessés et en imputent la responsabilité aux forces gouvernementales syriennes. Ceci démontre que les djihadistes de l'EI et tous les militants liés à Al Qaïda "possèdent des armes chimiques", dit l'armée dans un communiqué retransmis par la télévision d'Etat. Il a envoyé des drones inspecter la zone.

Les Etats-Unis ont tiré 59 missiles de croisière la semaine dernière sur une base aérienne syrienne après une attaque à l'arme chimique le 4 avril.

La Chine, qui a opposé son veto à six précédentes résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit, s'est cette fois abstenue, comme l'Ethiopie et le Kazakhstan.

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