Ce qu'implique la validation du référendum d'Erdogan — Turquie

20 Avril, 2017, 15:08 | Auteur: Stephane Girardot
  • Erdogan parade à Ankara après sa victoire contestée au référendum

Mais malgré "la victoire finale dans les urnes [avec 51,3% des suffrages pour le 'oui'], le revers électoral, lui, est évident". Jusque dans les dernières heures de la campagne, l'AKP et ses alliés du Parti d'action nationaliste (MHP) misaient sur une victoire large et nette. La révision constitutionnelle va beaucoup plus loin.

Dans les plus grandes villes de la Turquie; Istanbul, Izmir, Ankara, Adana, Diyarbakir, le vote Non l'a emporté, alors que de grandes couches de la population ont voté Non dans les grandes villes industrielles telles que Bursa, Kocaeli et Manisa.

"La Turquie est un Etat de droit et il ne saurait y être question d'anarchie ou d'activités (de protestation) dans la rue", a-t-il dit.

Le résultat du référendum, attendu même si les observateurs ne s'attendaient pas à un score aussi serré, alarme la plupart des hommes politiques et politologues tchèques qui expriment leurs inquiétudes vis-à-vis de l'évolution de la situation en Turquie. "(...) Des modifications tardives survenues dans les procédures de dépouillement du référendum auraient privé le processus de garanties importantes", note Le Figaro. L'opposition allègue ainsi que 3 millions de bulletins seraient frauduleux, précisent Les Echos. Mais Recep Tayyip Erdogan rejette les conclusions critiques de la mission d'observateurs de l'OSCE, affirmant que les observateurs "préparent un rapport à leur goût " et rétorquant: "Restez à votre place!".

Ceux-ci ont été rejetés mercredi par le Haut-Conseil électoral turc (YSK). C'est pourquoi Bruxelles s'est contentée d'appeler Ankara à "rechercher le consensus national ", tandis que Berlin "prenait acte du résultat du référendum ", invitant à un "dialogue respectueux ".

"Nous appelons (.) les autorités à lancer une enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs" internationaux, a déclaré mardi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, appelant à la "retenue". Les négociations avec l'UE en vue d'une éventuelle adhésion sont en cours depuis de longues années mais marquent le pas actuellement.

Erdogan parade à Ankara après sa victoire contestée au référendum
Un homme lit le quotidien Sabah le 17 avril 2017 à Istanbul en Turquie AFP- YASIN AKGUL

Il a également mis en garde Recep Tayyip Erdogan qui avait évoqué la tenue à l'avenir d'un référendum sur le rétablissement de la peine de mort dans son pays, prévenant que cela constituerait "non seulement une ligne rouge, mais la plus rouge des lignes".

Plusieurs analystes estiment que sa victoire étriquée au référendum laisse augurer d'un nouveau durcissement des relations avec l'Union européenne, déjà très tendues. A vrai dire, ce n'est pas très important pour nous. "Est-ce suffisant? Je ne crois pas", avait déclaré M. Erdogan le 7 avril.

Ces déclarations s'ajoutent à une série de menaces et de provocations du président turc à l'égard de l'Union européenne.

Le gouvernement turc a par ailleurs décidé lundi soir de prolonger de trois mois supplémentaires l'état d'urgence en vigueur depuis le putsch avorté de juillet.

Pourtant, "au-delà des postures, il y a des choses concrètes: 40% des importations et exportations de la Turquie se font avec l'UE".

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