Harcèlement sexuel: Fox News se sépare de son présentateur vedette

20 Avril, 2017, 10:53 | Auteur: Gregory Millet
  • Harcèlement sexuel Fox News se sépare de son présentateur vedette

Voilà, c'est officiel: la chaîne Fox News a annoncé ce 19 avril qu'elle se séparait de Bill O'Reilly, l'un de ses piliers depuis plus de vingt ans. Le présentateur vedette avait signé récemment un nouveau contrat pluriannuel avec Fox News, d'une valeur de plus de 20 millions de dollars par an.

Au début du mois d'avril, le New York Times avait révélé qu'O'Reilly et la Fox avaient versé quelque 13 millions de dollars (12 millions d'euros) de compensation à cinq femmes, moyennant leur silence et leur renoncement à des poursuites contre lui pour harcèlement sexuel. O'Reilly l'avait interviewé plusieurs fois et passait pour son ami. "Je pense qu'il n'a rien fait de mal". De nombreux annonceurs s'étaient néanmoins retirés de l'émission depuis les révélations du New York Times, même si ses téléspectateurs restaient eux fidèles au rendez-vous quotidien. L'épilogue d'une affaire qui dure depuis plusieurs semaines où la famille Murdoch, propriétaire de la chaîne, a visiblement tranché afin de préserver son image et ses annonceurs. On attendait son retour incessammment mais, à la place, on a eu, ce mercredi, ce communiqué émanant du président de l'exécutif de Fox News, Rupert Murdoch, et ses fils Lachlan et James. Il ne restait plus qu'à négocier les conditions de son départ.

C'est un autre animateur de Fox News, Tucker Carlson, qui reprendra la case horaire laissée vacante par le départ d'O'Reilly.

Bill O'Reilly n'a jamais démenti l'existence d'allégations de harcèlement sexuel, mais leur a nié tout fondement. Il avait auparavant affirmé que sa notoriété le rendait "vulnérable à des poursuites par des individus qui veulent de l'argent pour éviter toute publicité négative".

La chaîne n'a pas non plus détaillé quelles raisons l'avaient finalement poussée à s'en séparer. Ce alors que la chaîne venait déjà d'être éclaboussée par un scandale de harcèlement sexuel et avait promis de changer d'attitude.

La télévision, "c'est du business: si la sanction (des annonceurs) devait affecter les bénéfices, il fallait qu'il parte", a-t-il expliqué.

Pour elle, le départ d'une vedette aussi rentable pour sa chaîne marque "un moment culturel important" dans la lutte contre le harcèlement sexuel, dans les médias comme dans la société en général.

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