Le point sur l'enquête — Attentat "imminent" déjoué

20 Avril, 2017, 08:24 | Auteur: Remi Laffitte
  • Marseille: deux hommes soupçonnés de préparer un attentat arrêtés de justesse

Les enquêteurs ont découvert un fusil mitrailleur, deux armes de poing, un pistolet automatique, des sacs et boîtes de munitions, un silencieux et un couteau de chasse.

"Lors d'un point-presse, mardi, le procureur de Paris, François Molins, a salué le " travail remarquable " des enquêteurs ayant permis de " déjouer un projet d'action imminente ", tout en précisant qu'il était impossible à ce stade d'en déterminer la date et les cibles.

La France a été frappée depuis 2015 par une série d'attentats djihadistes qui ont fait 238 morts et une vingtaine de tentatives d'attentats ont été déjouées depuis début 2016, selon le gouvernement.

Les suspects, de nationalité française, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, sont radicalisés et fichés S depuis 2016 et 2015. Et grâce aux services de renseignement britanniques: "L'information initiale vient des services britanniques qui auraient capté des données sur deux individus connus des services de renseignement", a indiqué au Figaro une source proche de François Fillon.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées dès la semaine dernière aux services de sécurité de plusieurs candidats à l'élection présidentielle, a-t-on appris de sources concordantes.

Cette démarche qui intrigue donne lieu le lendemain à l'ouverture d'une enquête préliminaire par la section antiterroriste du parquet de Paris, qui aboutira par l'interpellation des suspects 13 jours plus tard. Le 12 avril, la DGSI avait récupéré un photo-montage où on y voit un fusil mitrailleur, associé à la une du journal Le Monde du 16 mars (sur laquelle figure François Fillon), un drapeau de l'Etat islamique et un lot de munitions formant les mots "La loi du talion". "Convaincu d'être au second tour", François Fillon se rendait mardi dans le nord de la France.

Le procureur de la République de Paris a également annoncé que l'un des deux suspects avait cherché à transmettre une vidéo au groupe terroriste Daesh. "En ce qui me concerne, ça ne change strictement rien à l'organisation de ma campagne et surtout ça ne doit pas focaliser le débat de la campagne sur des questions de sécurité et surtout sur la mienne", a réagi le candidat de la droite.

C'est à son contact que Mahiedine Merabet se serait particulièrement radicalisé à son tour, les deux hommes s'étant connus en prison à Séquedin en 2013 pour des faits de droit commun. La sécurité avait été renforcée, mais la menace sur cette réunion n'était pas fondée, a confié une source policière.

"Je veux continuer à aller au contact, à me déplacer", a de son côté dit Emmanuel Macron à des journalistes.

Le drame aurait pu se produire sans la vigilance des services de sécurité. "Le fondamentalisme islamiste s " est développé de manière exponentielle en France sans qu " aucune réponse ne soit jamais apportée", estime la présidente du parti dans un communiqué.

Plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour assurer la sécurité de l'élection. En effet, Les Républicains ont confirmé avoir été avertis vendredi dernier qu'un risque planait autour d'un meeting de François Fillon.

Après avoir vogué sur une péniche en région parisienne lundi, Jean-Luc Mélenchon prévoyait un meeting reproduit par hologramme dans six villes.

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