Le terrorisme fait irruption dans la campagne — Présidentielle

20 Avril, 2017, 22:50 | Auteur: Remi Laffitte

"Lors de pratiquement toutes les présidentielles, l'affiche du deuxième tour était connue dès février/mars".

C'est devenu l'obsession des médias à quelques jours de la présidentielle. Alors que quatre candidats s'affichent comme potentiellement qualifiables au second tour selon les sondages, un tiers des Français déclarent encore hésiter sur leur bulletin de vote. Les onze candidats vont ainsi se succéder pour répondre aux questions des présentateurs, à chaque fois pendant quinze minutes. Aucun autre des candidats ne dépasserait la barre symbolique des 5%.

Derrière les deux favoris, François Fillon enregistre une progression de 1,5 point avec 18,5% des voix: le candidat les Républicains repasse ainsi - de peu - devant Jean-Luc Mélenchon. Cette mesure, qui ne figurait pas dans ses 144 engagements présidentiels, a été annoncée lundi lors d'une réunion publique au Zénith de Paris. Mais là encore, des différences se dessinent selon les candidats: la possibilité de la victoire séduit 30% des sympathisants d'En Marche, contre seulement 14% des sympathisants du Front de gauche. Sur BFMTV, le vice-président du FN a sous-entendu que le meeting de Marine Le Pen à Marseille, mercredi soir, aurait pu être la cible de l'attentat déjoué. Ils sont aussi un moyen d'influencer sur les décisions des électeurs.

Avec 19,5 % des intentions de vote dans la dernière vague de l'enquête électorale du centre de recherche de Sciences Po (Cevipof), François Fillon progresse de 2 points par rapport à la précédente étude du tout début avril. Les deux dernières attaques ont d'ailleurs visé des militaires, sans les tuer, au musée du Louvre et à l'aéroport d'Orly. Les candidats disposeront également d'une "carte blanche", durant laquelle ils pourront aborder le sujet de leur choix. Beaucoup, en effet, semblent opter pour "le moins pire".

Une des attractions de la journée de mardi sera sans doute Jean-Luc Mélenchon, dont le meeting à Dijon sera reproduit par hologramme à Nantes, Nancy, Grenoble, Clermont Ferrand et au Port à La Réunion. Seul Emmanuel Macron est tributaire d'une moitié de vote utile dans son électorat. Une configuration qui se rapproche plus du schéma gauche - droite habituel, même si Mélanchon se situe à une extrémité. Marine Le Pen, bonne quatrième, est très largement distancée, signe que sa campagne ne prend pas.

Le socialiste Benoît Hamon est crédité de 8% des intentions de vote (-2).

"À droite, les transformations sont également à l'œuvre".

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