L'Etat cherche à "consolider un accueil d'urgence" après l'incendie — Grande-Synthe

20 Avril, 2017, 05:52 | Auteur: Gregory Millet
  • Le camp de la Linière en flammes

Les associations, sur place dès le début de l'évacuation du camp de la Linière, à Grande-Synthe lundi soir, travaillaient d'arrache-pied mardi pour venir en aide aux migrants, sans cacher leur incertitude concernant la nuit et les jours à venir.

Le préfet et Damien Carême, le maire (EELV) de Grande Synthe, disent à présent " travailler à accroître et consolider " le dispositif d'accueil d'urgence. Venu sur place dans la nuit, Michel Lalande, le préfet du Nord a évoqué la "fin du camp, réduit à "un amas de cendres ". Trois gymnases ont d'ores et déjà été mis à disposition par la ville de Grande-Synthe pour accueillir près de 500 migrants. Selon le Préfet, le représentant du gouvernement dans la région, le sinistre, qui a vu partir en fumée les quelque 300 chalets de ce +village+ improvisé, serait la conséquence d'une rixe entre Afghans et Kurdes qui avait fait six blessés à l'arme blanche dans l'après-midi.

"À ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé".

Une rixe ayant opposé plusieurs centaines de migrants afghans et kurdes est à l'origine de l'incendie, selon les autorités.

A 40 km à l'est de Calais, se dessinait en plus réduite, dans l'improvisation imposée par les circonstances, une opération analogue à celle conduite fin octobre pour acheminer dans des CAO environ 6.000 migrants de la "Jungle" de Calais au moment de son démantèlement. "Ca va, c'était bien, enfin. correct", bredouille Khalil, un Kurde de 29 ans qui a passé la nuit à la salle Dufour. "Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts", a expliqué Olivier Caremelle. "Alors qu'ils étaient entassés dans des cuisines collectives, les Kurdes étaient logés dans des chalets".

Lors de l'hiver 2016, la préfecture du Nord avait refusé de cautionner l'ouverture du camp, invoquant notamment des défauts de sécurité, notamment en cas d'incendie.

Selon le directeur de cabinet du maire. "On ne laissera pas se reconstituer le camp de Grande-Synthe et on ne laissera pas se constituer des campements sauvages ici ou là, disséminés dans le paysage, dans les communes", a martelé Matthias Fekl.

Du fait du démantèlement de la "Jungle" de Calais, la population du camp, que la municipalité avait réussi à faire retomber à 700, avait à nouveau grossi. "On ne fait pas de politicaillerie sur des faits divers qui auraient pu tourner très tragiquement pour des vies humaines", a répliqué Richard Ferrand, au nom d'En Marche!.

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