Référendum constitutionnel en Turquie : Trump félicite Erdogan l'Europe se crispe

20 Avril, 2017, 15:40 | Auteur: Stephane Girardot
  • La relation UE-Turquie toujours à l'épreuve après le référendum

"Nous appelons tous les acteurs à faire preuve de retenue et les autorités à ouvrir une enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs" internationaux, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas. Elle prévoit en particulier l'abolition du poste de Premier ministre au profit d'un hyperprésident, alors qu'Erdogan est déjà accusé d'autoritarisme par ses détracteurs, surtout depuis le coup d'État avorté.

La réforme constitutionnelle destinée à renforcer les pouvoirs du président turc a été approuvée à une courte majorité dimanche, loin du plébiscite espéré par Erdogan. Mais la faiblesse de la "victoire" de Recep Erdogan est vue finalement comme excellente par Jérusalem, qui considère que ce leader Turc est viscéralement antisioniste.

M. Cavusoglu a ajouté que les deux dirigeants avaient exprimé au cours de cet appel une volonté commune de se rencontrer à Washington "pour améliorer leurs relations bilatérales". La peine capitale a été abolie en 2004 en Turquie dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Union européenne. "(.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé Recep Tayyip Erdogan, sans avancer de date pour une éventuelle initiative de ce type.

A l'ouest, le président américain Donald Trump a félicité Erdogan pour sa victoire et l'a remercié de son soutien à l'action des Etats-Unis au Moyen-Orient. "C'est pourquoi c'est très important", a-t-il ajouté.

Au lendemain de cette victoire étriquée du "oui", le président Erdogan a rejeté lundi les critiques des observateurs étrangers sur le déroulement de la consultation, dénonçant une "mentalité de croisés".

Accueilli par une foule de partisans devant l'aéroport Esenboga, Recep Tayyip Erdogan s'est dirigé en cortège vers le palais présidentiel, sous les vivats de supporters massés le long des routes.

Mais à Istanbul, au moins 2000 personnes sont descendues dans les rues lundi soir pour contester le résultat du référendum, sous un slogan clair: "côte-à-côte contre le fascisme".

Si sa victoire devait être officiellement confirmée, lui qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet disposerait non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l'État jusqu'en 2029. Outre la prolongation de l'état d'urgence en place depuis juillet dernier pour trois mois supplémentaires, "dernièrement, il y a eu ces menaces de laisser passer les migrants, ces meetings annulés en Europe et puis la comparaison des Pays-Bas à un 'régime nazi'", énumère L'Express.

"Je ne pense pas qu'Erdogan va s'écarter de l'approche musclée de la politique qu'il a adoptée jusqu'à présent", estime Fadi Hakura, du centre de réflexion londonien Chatham House.

Tana De Zulueta, de la délégation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a précisé à l'AFP que les observateurs de la mission n'avaient pas obtenu d'évaluation du nombre des bulletins concernés par cette mesure, l'YSK disant ne pas les avoir comptabilisés à part.

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