Référendum en Turquie: l'Autorité électorale rejette les recours contre le référendum

20 Avril, 2017, 20:32 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan pose avec sa femme Emine Erdogan devant des partisans le 16 avril 2017 à Istanbul

Le président américain Donald Trump a félicité lundi par téléphone son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour sa victoire au référendum sur un accroissement de ses prérogatives, a indiqué la Maison-Blanche lundi soir.

Le CHP et le principal parti prokurde, le HDP, mettent notamment en cause la décision de l'YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

Au lendemain de sa victoire sur le référendum constitutionnel du dimanche dernier, le président turc monte au créneau.

Le score serré du scrutin de dimanche traduit les divisions de la société turque.

Dans les plus grandes villes de la Turquie; Istanbul, Izmir, Ankara, Adana, Diyarbakir, le vote Non l'a emporté, alors que de grandes couches de la population ont voté Non dans les grandes villes industrielles telles que Bursa, Kocaeli et Manisa. Dans ce contexte particulier, l'Allemagne et l'Europe ne doivent pas abandonner l'opposition turque face au renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, prévient la taz.

"Des modifications tardives dans la procédure de comptage (des voix) ont supprimé un important garde-fou" contre les fraudes, a confirmé le rapport des observateurs européens.

Des observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe devaient rendre leurs conclusions préliminaires lors d'une conférence de presse attendue à Ankara à 12h GMT. Des observateurs internationaux ont aussi déploré les conditions inéquitables de la campagne.

Quelque 55,3 millions de citoyens turcs étaient appelés à s'exprimer dans les urnes, et se sont prononcés a minima en faveur d'Erdogan. "Toutes les voix sont importantes", a-t-il dit.

Parlant au palais Huber à Istanbul, Erdogan a affirmé qu'en approuvant le referendum qui lui confère effectivement des pouvoirs dictatoriaux, la Turquie a résolu une contradiction vieille de 200 ans dans son administration.

Dès le 16 avril, Recep Tayyip Erdoğan, le président turc, a évoqué un référendum sur le rétablissement de la peine de mort, une ligne rouge pour l'UE qui exclurait de fait tout projet d'adhésion.

Son Premier ministre, Binali Yildirim, a assuré que le message adressé par le peuple était clair et que son vote mettait fin à toute discussion, ce qu'ont contesté plusieurs milliers de manifestants qui ont défilé dans plusieurs quartiers d'Istanbul aux cris de "Erdogan voleur!".

À l'issue du référendum, l'UE a appelé au " consensus national le plus large possible " dans la mise en œuvre des amendements constitutionnels, qui seront en outre " évalués à la lumière des obligations de la Turquie " envers l'Europe.

Coutumier des tensions avec les Européens, M. Erdogan a en tout cas rejeté par avance tout rapport critique qui pourrait venir de leur part: "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il lancé à ses supporters.

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