Turquie: l'opposition va demander mardi l'annulation du référendum

21 Avril, 2017, 00:03 | Auteur: Timothe Dupuy
  • Les partisans du

Washington a pris note des "irrégularités observées le jour du vote et du terrain inégal de la campagne électorale difficile, qui s'est déroulée sous l'état d'urgence", selon Mark Toner.

Le "oui" au référendum sur la révision constitutionnelle en Turquie, remporté à 51,3% des voix dimanche lors d'un scrutin visant à remplacer le système parlementaire par un système présidentiel renforçant les prérogatives du chef de l'Etat, contesté par l'opposition, constitue une "décision historique" pour l'avenir du pays face aux défis économiques et sécuritaires.

"Ils préparent un rapport à leur goût".

"Le président Trump a remercié Erdogan de soutenir cette action des États-Unis et les dirigeants ont convenu de l'importance de tenir le président syrien Bachar al-Assad pour responsable" de ses actes, a ajouté la Maison-Blanche. Pour avoir fait jouer à fond la corde ultranationaliste et antikurde, Erdogan a séparé le peuple turc par le milieu - entre ruraux et urbains, entre nationalistes et proeuropéens, suivant des lignes de fracture qui, du reste, ne sont pas étrangères à celles qui déchirent aujourd'hui plusieurs pays de l'Union européenne.

Dès l'annonce des résultats, les deux principaux partis d'opposition en Turquie, le CHP et le HDP (prokurde), ont dénoncé des "manipulations" lors du scrutin.

En cause, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK), de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

Dimanche soir, M. Erdogan a évoqué la possibilité d'organiser un nouveau référendum portant sur le rétablissement de la peine de mort. "(.) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé M. Erdogan, sans avancer de date pour une éventuelle initiative de ce type.

Une mission d'observateurs internationaux du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'est également étonnée de cette modification des règles électorales.

"Cela serait un signal clair que la Turquie ne veut pas devenir un membre de la famille européenne", a-t-il estimé.

Une hypothèse confirmée par les déclarations du président turc: " L'Union européenne menace de geler les négociations.

A court terme, la victoire du "oui " n'aura pas d'influence sur ce processus d'adhésion qui, faut-il le rappeler, est en fait complètement bloqué depuis des années. A vrai dire, ce n'est pas très important pour nous.

Faisant fi des contestations de l'opposition, le parti au pouvoir (AKP) a d'ores et déjà annoncé qu'il proposerait fin avril à M. Erdogan de retrouver sa place dans ses rangs, premier point de la réforme -il ne pouvait jusqu'alors pas rejoindre un parti-, dont la plupart des volets entreront en vigueur après les élections présidentielle et législatives de 2019. "Est-ce suffisant? Je ne crois pas", avait déclaré M. Erdogan.

Murat Yetkin, rédacteur en chef du quotidien anglophone Hürriyet Daily News souligne pour sa part qu'"Erdogan est un politicien suffisamment expérimenté pour savoir que cette victoire étriquée ne l'autorisera pas à agir aussi librement qu'il le pourrait avec une marge plus importante". Et si la peine de mort passe au Parlement, je l'approuverai.

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