Un camp de migrants détruit par un incendie

20 Avril, 2017, 22:34 | Auteur: Edgar Lajoie
  • Grande-Synthe premières solutions d'hébergement pour les sinistrés

Selon le préfet du Nord Michel Lalande et le récit de migrants, les multiples feux allumés dans le camp lundi - qui ont fini par embraser les chalets de bois, dont certains étaient très proches les uns des autres -, ont eu pour origine de violentes bagarres entre Kurdes d'Irak et Afghans, malgré d'importants renforts policiers.

Selon le communiqué, "des violences internes" sont à l'origine du sinistre survenu dans la nuit du lundi à mardi réduisant en cendres le camp situé à 40 km à l'est de Calais et qui comptait près de 1.400 migrants, principalement des Kurdes irakiens, alors qu'il était "en cours de resserrement et de sécurisation". Réputé pour être tenu par des passeurs kurdes irakiens, il avait été le théâtre de plusieurs incidents sérieux ces derniers mois, nécessitant de faire appel à la police. Pour l'heure aucun bilan complet et précis n'est encore disponible.

Pour Olivier Caremelle, directeur de cabinet de Damien Carême, "il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n'est pas possible autrement".

Les départs de migrants en autocar vers des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) reprenaient vendredi à Grande-Synthe (Nord), a constaté un photographe de l'AFP, quatre jours après l'incendie qui a ravagé leur camp, à proximité duquel un campement sauvage de 300 réfugiés s'est formé. Dites-le en commentaire.

Les migrants ont été évacués du camp et seront relogés dans des hébergements d'urgence, a assuré le préfet, précisant que la ville de Grande-Synthe avait d'ores et déjà mis à disposition deux gymnases. Vers minuit, 165 personnes ont été mises à l'abri, selon la préfecture. Le site, ouvert en mars 2016 par la municipalité et Médecins sans frontières, se voulait exemplaire d'un point de vue sanitaire.

46 autres migrants, devaient partir pour l'Aisne (Laon, Essômes-sur-Marne), selon le sous-préfet de Dunkerque Eric Etienne, présent sur place. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru.

"A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé". La mairie de Grande-Synthe avait fait faire des travaux supplémentaires, et l'Etat avait finalement accepté de financer le fonctionnement de ce camp aux normes ambitieuses. Les ministres de l'Intérieur et du Logement, Matthias Fekl et Emmanuelle Cosse, se rendent sur place ce mardi 11 avril.

Détruit en quasi-totalité par les flammes, le camp ne sera pas reconstruit.

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