Attentat sur les Champs-Élysées : les policiers périgourdins tristes et en colère

21 Avril, 2017, 19:52 | Auteur: Edgar Lajoie
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Présenté comme "Abu Yussef le Belge, soldat du califat" par le communiqué de l'agence de propagande Amaq jeudi soir, l'homme qui a tiré sur un car de police sur les Champs-Elysées, tuant un agent et en blessant gravement un autre, semble à première vue ne pas avoir de lien avec la Belgique.

Né le 31 décembre 1977 à Livry-Gargan, autre commune de la banlieue nord-est de Paris, l'assaillant avait été arrêté le 23 février par la police, soupçonné de vouloir tuer des policiers.

L'homme était domicilié à Chelles (Seine-et-Marne) et est décrit comme "sans profession".

Karim Cheurfi avait déjà été condamné en 2005 à 15 ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire: en 2001, il avait blessé grièvement par balles un élève gardien de la paix et son frère, après une course-poursuite.

Deux jours plus tard, en garde à vue, il s'était emparé de l'arme d'un policier et lui avait tiré à trois reprises dessus.

Depuis mars, il était visé par une enquête antiterroriste confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) mais n'était pas "fiché S", selon une de ces sources. "Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars", poursuit-il. En liberté conditionnelle à partir de juillet 2013, il était retourné en prison en octobre en raison d'un vol aggravé qui lui a valu une nouvelle condamnation par le tribunal de Meaux en 2014 à quatre ans de prison, dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve. "On avait des petits dossiers sur lui mais rien de transcendant. Depuis sa sortie de prison, il avait réussi à se faire un peu oublier", indique une source policière.

"Le président français François Hollande a affirmé jeudi soir que " les pistes " sur l'attaque qui a tué un policier sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris, " sont d'ordre terroriste", lors d'une conférence de presse au sortir d'une réunion de crise. "Vous lui disiez 'Daech' (acronyme arabe de l'EI), je suis sûr qu'il ne savait même pas ce que c'était", balaye Salim. Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde: "Il avait une haine contre la police, contre la France".

Un papier portant un message manuscrit prenant la défense de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), a également été retrouvé près de son corps.

Xavier Jugele, pacsé et sans enfant, laisse derrière lui son compagnon, selon Marianne. "Mais Daech, c'est n'importe quoi".

L'homme n'était pas connu non plus pour avoir une quelconque pratique musulmane communautaire.

"Il nous appartient de ne pas céder à la peur, à l'intimidation, à la manipulation qui ferait le jeu des ennemis de la République", a dit le chef du gouvernement, appelant à ne "jamais céder à la division et encore moins à l'outrance". Trois membres de son entourage sont entendus en garde à vue selon une source judiciaire. Il est toutefois trop tôt pour dire si l'homme signalé par les Belges est lié à ce qui s'est passé: "Il est trop pour le dire, il y a un certain nombre d'informations à vérifier", a en effet déclaré sur Europe 1, Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

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