L'éphémère secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud au tribunal pour ses démélés fiscaux

21 Avril, 2017, 00:33 | Auteur: Remi Laffitte
  • Le député Thomas Thevenoud ex-secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur à l'Asemblée nationale le 1er avril 2016Plus

Plein d'autodérision, il avait en juin dernier pris soin de faire dans un tweet savoir qu'il avait bien rempli sa déclaration d'impôts: "Pour moi, c'est fait!" Après plusieurs heures d'audience, le procureur du tribunal correctionnel de Paris a requis ce mercredi soir une peine d'un ans de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité contre l'éphémère secrétaire d'Etat.

"On a essayé de corriger tout cela mais on n'a pas réussi et notre vie a basculé".
Son épouse Sandra était chef de cabinet à la présidence du Sénat. Lui dit au tribunal qu'ils se tourne vers le droit et envisage d'embrasser le barreau. Exclu du PS et même s'il a retrouvé ensuite un siège de député, il a en effet annoncé en début d'année qu'il ne se présentera pas aux prochaines législatives. Un "gâchis", témoigne son assistant parlementaire.

M. Thévenoud a régularisé sa situation le 1er septembre 2014, chéquier à la main, il "exige" de payer, puis se rend à Matignon où le Premier ministre - Manuel Valls à l'époque - voulait l'entendre sur sa situation fiscale. Quelques jours plus tard, il lui annoncera qu'il est "démissionné". Il évoque un "clivage" entre "l'homme public" et le "contribuable défaillant".

"Ça a fait rire la France entière", souffle-t-il, "c'était se chercher des excuses là où au contraire il aurait fallu assumer". Auquel sont venus s'ajouter 20.500 euros de pénalités de retard. "Ils ont déjà été sanctionnés par l'administration fiscale, bien avant que des poursuites correctionnelles ne soient envisagées".

L'avocat a demandé au tribunal de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour que le Conseil constitutionnel soit appelé à trancher, en vain. Thomas Thévenoud avait effectué un passage éclair au gouvernement, de neuf jours seulement, avant de démissionner de son poste de secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger à la suite de la révélation de cette affaire. Ministre délégué à la Santé du gouvernement Rocard, ce dernier avait été poussé à la démission lui aussi neuf jours après son entrée en fonction, en juillet 1988, après des déclarations controversées sur la toxicomanie.

Thomas Thévenoud est le troisième ministre du quinquennat Hollande à comparaître devant la justice après avoir été contraint de quitter le gouvernement.

L'accumulation de ces révélations par la presse, dont "Le canard enchaîné", mettront finalement un terme rapide à la carrière politique de celui qui, ironie de l'histoire, était aussi membre de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac.

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